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Date d'inscription : 12/05/2018
Messages : 3
Date de naissance : 11/01/1990
Age : 28

Identité du personnage
Nom du personnage: Vaasma
Métier (MTERP): Sauvage
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Vaasma

le Dim 13 Mai - 20:02



Nom du personnage :
Vaasma
Age :
32 ans
Ethnie :
Zingara
Religion :
Mitra
Alignement :
Loyal bon
Métier MTERP :
Chasseur-cueilleur



Taille :
1 mètre 65
Poids :
50kg
Apparence :
Peau légèrement mate, cheveux tirants vers le roux, corps athlétique
Personnalité :
Religieuse, honnête, réfléchie



- Ce n'est pas juste !

Cette plainte résonna entre les arbres de la forêt. L'adolescente aurait aimé se plaindre davantage mais le froid et pesant regard de sa mère l'encouragea à se taire et à baisser la tête, mêlant honte et frustration en son cœur.

- Juste ? Ce n'est pas le vent qui a détourné ta flêche ou le lièvre qui a bougé au dernier moment. Il n'avait pas connaissance de notre présence. Tu as échoué, voilà tout.

La petite serra plus fermement son arc, la haine commençant à bouillir en elle, mais tout se calma quand elle sentit la main de sa mère se poser sur sa chevelure et la caresser tendrement.

Et la colère n'y changera rien, Kalia. N'as-tu rien appris de mon enseignement ?

Les doigts de sa mère glissèrent le long de sa joue et en bout de course attrapèrent son menton. Son visage relevé de force, leurs regards finirent par se croiser et la petite fille sentit naître un sourire calme sur ses lèvres, copiant celui qui lui faisait face.

- J'y arriverai, mère.

Vaasma relâcha sa fille, satisfaite de la réponse, et c'est avec joie qu'elle la vit cavaler à toute allure à la poursuite du fameux lièvre manqué. La mère émit un petit rire amusé et marcha dans sa direction, elle ne craignait pas une seconde de voir sa fille blessée, ces bois étaient sûrs. Peut-être trop sûrs même... Le gibier des environs s'atténuait et le village dont elle était issue commençait à manquer de vivres. Ce fut avec un profond pincement au cœur qu'elle constata l'échec de sa fille et la fuite de la chair tant convoitée, mais c'était nécessaire. Une chasseuse supplémentaire ne serait jamais de trop au village et Kalia, malgré son tempérament fougueux, était une perle rare. Endurante et courageuse, la petite suivait consciencieusement l'exemple de sa mère qui n'hésitait pas à la recadrer et à lui rappeler les préceptes du Dieu Mitra, lui inculquant chaque jour patience, honnêteté, justice et bonté envers son prochain.

A chaque mètre parcouru dans ces bois, le sourire de Vaasma s'effaça peu à peu. Aucun son ne lui parvint, aucun son provenant de sa fille ou même de la faune et de la flore qui semblaient tous deux s'être tus dans un silence religieux. Sans réfléchir davantage elle encocha une flèche à son arc et se mit à courir prudemment dans la direction qu'avait pris la fillette. Le chemin lui parut une éternité où se mêlèrent craintes et doutes mais la mère finit par retrouver son enfant.

Kalia était là, tétanisée par la peur et droite comme un i, l'arc chancelant presque de sa main. Deux hommes vêtus de cuir se tenaient près d'elle, l'un particulièrement grand tenait d'une main de fer le bras de l'enfant.

- ...drais soin de toi, tu verras. perçut Vaasma en arrivant sur les lieux.

- Tiago !

L'homme massif tourna vivement son visage à l'entente de son prénom. Il dévisagea en un éclair Vaasma puis l'arc qu'elle tenait avant d'afficher un sourire carnassier.

- Et voilà Maman ! Tu devrais faire attention à ta fille, ces bois reçèlent bien des dangers. Et nous sommes si éloignés du village, qui sait ce qui pourrait arriver ?

- Des dangers, oui... répondit sèchement la mère. Merci de l'avoir retrouvée. Viens, Savine.

La jeune fille amorça une avancée vers sa mère mais ne pu faire plus d'un pas, le chasseur Zingarien, Tiago, la retenant toujours par le bras. Vaasma lui adressa instinctivement un regard suppliant, ce qui ne fit que raffermir sa prise et agrandir son sourire sadique. Il détacha ses yeux de la nouvelle venue puis les porta à nouveau sur sa proie.

- Ta fille est devenue magnifique... Quelle épouse elle ferait ! Elle sera bientôt en âge de saigner, de donner des enfants. Et ma couche est si vide chaque nuit...

Tout en prononçant ses mots le Zingarien approcha son visage de la petite et vint renifler bestialement sa chevelure.

Elle pourrait combler les moin...

- Que veux-tu, Tiago ?

Malgré avoir été coupé dans son monologue, le chasseur ne put réprimer un énième sourire. Un regard pervers vint la transpercer jusqu'au cœur. C'était une évidence, et Vaasma le savait avant même qu'elle ait posé la question : ce qu'il désirait par dessus tout, c'était elle. Depuis la mort de son époux, nombre de prétendants se bousculèrent à sa porte mais Tiago fût de loin le plus persistant de tous. Il incarnait tout ce dont une femme de Zingara pouvait rêver : fort, agile, courageux et volontaire. Nulle femme ne pouvait résister à ses avances et pourtant Vaasma le fit durant de longues années. C'est suite à ses multiples rejets que Tiago révéla sa véritable personnalité : un homme égoïste et n'ayant de bonté que pour ceux suivant sa voie et l'adulant. Être repoussé ainsi de nombreuses fois le rendit de plus en plus violent et impatient.

- Laisse-la partir. Tu auras tout ce que tu veux...

Il n'en fallait pas plus pour Tiago. Il relâcha sa prise, la confiant à son ami Fraco, puis s'approcha lentement de sa nouvelle promise, savourant chaque pas qui le rapprochait d'elle. Il ne tarda pas à poser ses mains sur Vaasma, à effleurer du bout des doigts sa poitrine et son entrejambe mais son exploration coupa court.

- Laisse-la-partir-maintenant, répéta entre ses dents la chasseuse

L'homme tenta de reprendre l'ascendant sur sa victime par un simple regard mais en vain, son physique impressionnant n'avait ici aucune force face à la rage d'une mère. Il finit par hausser les épaules. Pourquoi lutter ? Il avait enfin ce qu'il désirait. D'un bref signe de tête il fit signe au second chasseur de relâcher l'enfant, ce qu'il fit immédiatement.

- Maman...

D'une voix faible et tremblante Kalia ne put prononcer que ce simple mot, incertaine de ce qu'elle devait faire. Vaasma fit tant bien que mal abstraction des mains caleuses qui parcouraient à nouveau son corps et adressa son plus beau sourire à sa fille.

- Rentre au village mon amour. Maman te rejoindra bientôt, d'accord ?

Ce discours sonnait presque juste dans l'oreille de la fillette mais les larmes coulants sur les joues de sa mère en trahissaient le sens. La peur s'atténua dans son esprit et c'est cette rage si commune en elle qui refit surface. Elle saisit l'arc qui était tombé à ses pieds mais Vaasma avait présenti cette réaction de sa part et une simple phrase lui fit abandonner son projet.

Et la colère n'y changera rien, Kalia...

Les yeux désespérés de Kalia brisèrent le cœur de la belle chasseuse mais la voir fuir à toute allure dans les bois pansa ses blessures en un instant. Sa fille était enfin en sécurité... Tiago lassé de ces caresses pieuses finit par coucher au sol Vaasma et commença à dévêtir son bas sans aucun tact. Et c'est avec cette même brutalité qu'il l'a pénétra et la besogna comme un animal, oubliant la présence de son ami à seulement quelques mètres d'eux et qui, amusé par le spectacle, n'allait rien louper de la scène s'offrant à lui.

Vaasma ne trahissait aucune émotion. Les yeux fermés, les points serrés, elle tentait d'oublier les bruits insupportables de ce viol et l'infecte odeur de vin provenant de son agresseur. L'éjaculation de ce pourceau serait sa délivrance, voilà ce qu'elle se répéta des secondes durant. Mais ce fut une toute autre chose qui arriva.

Le vent ne détourna pas sa flèche. La proie ne bougea pas au dernier moment. Il n'avait pas connaissance de sa présence. Un sifflement aigu suivit d'un bruit d'os brisé; Tiago se laissa tomber de tout son poids sur sa victime, manquant de l'étouffer sur le coup. Vaasma ouvrit les yeux et fût au première loge pour constater le sinistre spectacle : Tiago gisait sur elle, les yeux écarquillés par la surprise, une pointe de flèche en silex sortant à peine de son front.

Fraco fut tout aussi surprit qu'elle mais bien moins que Kalia, revenue secourir sa mère, dont la fierté et l'horreur de ce tir l'hébéta un court instant. Enfin consciente du danger toujours présent, elle encocha une deuxième flèche et la décocha en direction de Fraco mais sous la pression elle manqua sa cible de peu et c'est un chasseur expérimenté qui la chargeait maintenant. Elle lui donna sans réfléchir un revers de son arc mais le bois ne fit que claquer contre l'armure en cuir du Zingarien et c'est en une fraction de seconde qu'elle se retrouva au sol, des mains deux fois plus grandes que son cou la privant bien vite d'oxygène.

Vaasma ne perdit pas un instant et s'empara d'une dague sur le cadavre de Tiago. Bon sang cette dague... Combien de fois en avait-elle entendu parler au village de la bouche de ce vantard ? "Elle est comme nulle autre. Une vraie beauté... meurtrière". Pitié Mitra, qu'il est dit vrai, pensa-t-elle. La dague fendit les airs avec une exceptionnelle précision et se figea dans le dos du dernier homme présent dans ses bois. Fraco hurla de douleur et rassembla ses dernières forces en se relevant et en pivotant vers la femme qui venait de le condamner à la mort. Mais il était déjà trop tard pour lui, Vaasma s'était déjà ré-emparé de son arc et une flèche vint se figer dans sa gorge. Après un lugubre gargouillis Fraco tomba au sol tel une planche.

Tout était enfin terminé. Vaasma lâcha un profond soupire de soulagement mais le temps n'était pas encore au repos. En un éclair elle réajusta ses vêtements et entreprit de s'approcher de sa fille qui titubait non loin d'elle, toujours ébranlée par l'affrontement. Elles devaient vite fuir, elle devait protéger son enfant. Non ! Pas fuir ! Cacher les corps, détruire les preuves puis rejoindre le vi... Mais ses pensées s'interrompirent. Vaasma perçut la présence d'un troisième homme à sa droite et dans le feu de l'action, toujours nourrie par l'adrénaline, le mit en joue avec son arc.

Ce n'était pas un homme. C'était un enfant. Mikla, le fils du menuisier à peine aussi âgé que Kalia. Terrifié, la lèvre frémissante, il n'osait plus bouger mais ses yeux passaient en revue l'intégralité de la macabre scène. Deux cibles abattues de flèches, deux chasseuses avec en leurs mains les armes du crime... Avait-il assisté à tout cela ? N'était-il arrivé qu'à la fin, attiré par les bruits de la rixe ? Dans le dos du jeune homme était perceptible un sac où deux-trois bûches se battaient en duel avec une hache rudimentaire. Le pauvre n'était là que pour ramener du bois de chauffe à son père...

Mitra, aide-moi. Vaasma faisait partie des meilleures chasseuses de son clan et sa technique était reconnue par tous. Son œil imperturbable, sa posture parfaite, l'encochage instinctif de ses flèches... Mais cette fois-ci tout était si différent. Son corps était pris de spasmes incontrôlables, elle ne cessait de cligner des yeux et sa respiration était si saccadée que son arc tanguait affreusement. Cacher les corps, détruire les preuves... Mikla... Non... Ma fille... Mitra, aide-moi !

Ses pensées se bousculèrent, se mélangèrent en des solutions irréelles, affreuses, plus rien n'avait de sens et la panique la gagnait de plus en plus. Mikla plongea ses yeux innocents dans les siens, cherchant la moindre once de compassion et de pitié chez son bourreau. La posture de Vaasma se raffermit alors et elle banda son arc plus fort que précédemment. Elle devait le faire, pour sa fille. Le jeune homme ferma les yeux, des larmes roulants sur ses joues en flots continus, certain d'être tué d'un instant à l'autre. Mais la mort n'arriva point. La chasseuse ne regardait plus le fils du forgeron mais sa propre fille. Kalia lui jetait un regard interrogatif et inquiet. Après un temps qui lui sembla une éternité, elle finit par comprendre la raison de ce comportement chez sa fille : la dense végétation de la forêt cachait le fils du menuisier à ses yeux... donc le garçon ne pouvait pas non plus la voir. Spectateur de cette scène, Mikla ne pourrait jamais placer Kalia sur les lieux du crime.

Son corps se déraidit et c'est un visage paisible qui reprit possession de Vaasma. Elle eut même un léger sourire au coin des lèvres. Mitra...

Elle décocha sa flèche au sol et jeta son arc à terre. Pour sa fille elle aurait probablement tué le monde entier, mais pour elle, jamais... Mitra résonnait dans son cœur, dans les moindres fibres de son corps. Le faible vacarme du bois tombant au sol fit ouvrir les yeux au jeune homme et son instinct de survie fût plus puissant que sa peur, lui donnant une vitesse inouïe dans sa fuite. La direction de l'enfant ne laissait aucun doute : il fuyait en direction du village et dans peu de temps la milice serait sur ses traces. Vaasma ne fuirait pas, ne se battrait pas... Mitra en avait décidé ainsi. Le Dieu avait décidé de pardonner et de protéger Kalia mais la mère devait en payer le prix, que cela soit la vérité ou non Vaasma en était convaincue. Il est la justice et justice sera faite. Seule comptait sa fille et ces quelques minutes de paix ensemble valurent plus que tout l'or du monde connu.

Elle l'embrassa, la serra contre son cœur de longues minutes durant et lui expliqua non sans souffrance ce qui allait se passer. Kalia devait fuir, retourner au village en secret, l'abandonner, l'oublier... Quant à elle, les Terres de l'Exil l'attendaient.
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