Les Mystères des Terres de l'Exil intègre son mod MTERP
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Journal des Terres de l'Exil : vingtième jour

le Mer 24 Jan - 21:53
Journal des Terres de l'Exil : vingtième jour

Assise en tailleur sous un soleil écrasant, Sankari retenait entre ses talons le bout d’une lanière de cuir pour enfiler lentement des coquillages et des osselets percés. Patiente et concentrée, elle l’était… Mais pourtant, le résultat ne collait pas : les osselets se brisaient trop souvent, les coquillages passaient mal. Alors la jeune Darfari s’obstinait, toujours patiente et concentrée… jusqu’à ce qu’un bruit dans les taillis ne lui fasse faire un bond de côté.

Les mâchoires d’un énorme crocodile venaient de claquer dans le vide. La jeune femme avait détalé juste à temps. Le grand reptile la suivait de près, pourtant, et la bataille s’annonçait rude. Se carapater sur un toit. Redescendre. Reprendre son arc. Grimper de nouveau sur le toit. Et décocher combien de ces flèches aux pointes en pierre, si fragiles...

La grosse bête dardée de traits, cessa toutefois de remuer et Sankari entreprit de la dépecer. Avec une dague de pierre, c’était un travail de force éreintant, mais elle en avait presque fini lorsque ses deux amies furent de retour. Aomuirne et Waseme souriaient, équipées de nouvelles armures. A leurs côtés, deux hommes se tenaient. L’un semblait âgé, et portait une barbe aussi grise que sa robe. Le second était vêtu comme un guerrier, c’était un Hyrkanien, aux cheveux noirs de jais.

Couverte de sang, Sankari adressa son meilleur sourire à ces étrangers. Mais le vieil homme la fixait avec ses sourcils tout froncés et l’Hyrkanien grommelait dans sa barbe…

« - Ces Darfaris… Je me demande vraiment si c’est une bonne idée…».
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Journal des terres de l'exil : vingt-et-unième jour

le Ven 26 Jan - 19:16
Journal des terres de l'exil : vingt-et-unième jour

À peine trahie par l’éclat nacré de la Lune gibbeuse, Sankari avait retrouvé son poste d’observation favori. Silencieuse comme une pierre, elle observait les fiers chasseurs aux coiffures cornues et les femmes de la tribu occupées à tremper des peaux dans de l’eau cendreuse. Les enfants riaient en essayant de toucher les blonds cheveux d’une prisonnière à travers les barreaux de sa cage. Et plus loin, auprès des grands brasiers, le shaman boiteux psalmodiait en pleine transe, entouré par des joueurs de crécelles et de tambourins.

Et Sankari souriait, comme apaisée. De plus en plus d’éléments de son enfance revenaient de sa mémoire blessée; ses jeux avec ses frères, sa mère lui montrant la couture des peaux, sa grand-mère lui enseignant le chant... Elle se revoyait aussi adolescente à Shem, désarçonnée par les traditions et les coutumes élaborées des citoyens d’Asgalund et obligée de ne pas réagir, face au mépris et à la crainte dont elle faisait l’objet.

Le vieux Saghoril l’avait tant aidée, et tous ses conseils commençaient à lui revenir… « Les prompts à juger, c'est pas toujours les plus malins… Fais-toi ton idée en apprenant… Garde le profil bas, mais au fond de toi, reste debout, fière ma petite… » Aussi, maintenant, elle se faisait son propre avis. Elle voyait de son peuple qu’il vivait dans l’harmonie et survivait dans un milieu sec et hostile. Elle voyait qu’il sacrifiait à son Dieu, certes…  Mais il ne prenait pas de vies gratuitement. Alors étais-ce si horrible en face des massacres, des pillages et des guerres incessantes que pratiquaient tant les nations dites civilisées ?

Non, cela ne l’étais pas pour la jeune Darfari.

Alors elle repensait au moment où Waseme la shaman lui offrit le cadeau, l’offrande de son Dieu... Elle l’avait reconnue dès la première bouchée, cette viande filandreuse, grasse, et cendrée. Alors, elle était tombée à genoux, et elle avait pleuré en se souvenant de son enfance. La shaman s’était baissée pour la prendre dans ses bras, et lui murmurer à l’oreille un chant ancien, sacré et hypnotique.

Waseme et Aomuirne étaient maintenant parties vers le Nord. Elles reviendraient la chercher dans quelques jours, pour un voyage vers un nouvel inconnu, un nouvel horizon… Et quel que soit l’avenir qui l’attendait là-bas, Sankari se sentait maintenant bien plus forte pour l’affronter.
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Journal des terres de l'exil : vingt-cinquième jour

le Sam 3 Fév - 14:03
Journal des terres de l'exil : vingt-cinquième jour : partie 1

C’était un endroit magnifique que Sankari avait trouvé, au rebord de la falaise. L’oasis s’étirait en dessous, et au loin, le désert se dévoilait. Elle s’y était agenouillée, en silence, puis de sa besace, elle avait sorti trois pierres plates, lisses, pour les poser côtes-à-côtes - une blanche comme l’ivoire, une striée de bleu comme le ciel, une de la couleur du sable.

Et le chant de Sankari s’éleva, dans le frémissement des branches et les sifflements du zéphyr.
« - Est‐ce une poussière dans ton œil ? Est‐ce une douleur ? »

Aomuirne se tenait à l’écart, étrangère aux mots de cette langue parfois douce, mais surtout gutturale, avec ses sonorités en raclement de gorge. Mais la Cimmérienne avait compris, aux sanglots étouffés et à la mélodie déchirante. Il s’agissait bien d’un deuil et d’un dernier adieu.

« - Est‐ce une poussière dans ton œil ? Est‐ce une douleur ?
Ce sont les souvenirs dont déborde mon œil.
La demeure est vide, mes joues baignées de pleurs.
Entre lui et nous, à jamais, un rideau de terre est tiré.
»

Journal des terres de l'exil : vingt-cinquième jour : partie 2

Aomuirne et Sankari suivaient le lit d’une rivière dont le cours semblait venir du Nord. Elles évitaient prudemment nombre de bêtes féroces, en les contournant dans le sens contraire du vent, en se tapissant au sol, ou en escaladant des rochers plus élevés. Bien des endroits semblaient effrayants et sombres pour la jeune Darfari, comme cette caverne grise et silencieuse où elle aperçut le spectre d’un homme à l’agonie, l’espace d’un court instant.

Les deux aventurières continuaient de marcher, jusqu’à une région de chutes d’eaux et de petites falaises, qui se révéla être un territoire Darfari. Un petit groupe de chasseurs les prit bien vite en chasse mais Aomuirne emmena Sankari dans une cachette derrière de gros rochers dégringolés de la montagne. En outre, les chasseurs jouèrent de malchance et tombèrent face à face avec une meute de hideux diablotins. Un seul survivant s’en échappa, mais juste le temps de recevoir deux flèches de Sankari et Aomuirne en pleine poitrine.

Mais la suite du voyage fut plus périlleuse encore. Aux abords d’une succession de chutes d’eaux, deux énormes crocodiles surgirent des taillis. Aomuirne parvînt à les éviter et à grimper pour continuer la route, mais pas Sankari. Les mâchoires féroces claquèrent, lui barrant la route, manquant de se refermer sur ses jambes si agiles. Elle parvînt à se débarrasser de son sac et à le lancer à son amie, mais ce-faisant elle glissa, et chuta dans la cascade en hurlant.

Journal des terres de l'exil : vingt-cinquième jour : partie 3

Sa main à plat sur le torse imberbe, elle en essuya doucement les perles de sang séchées. C’était une belle peau d’homme, une peau épaisse et sombre, lisse et tiède, et que les rayons de Lune mordoraient sous leur éclat luisant. Le jeune homme avait le visage anguleux, fier et harmonieux, et de la terre et des brindilles étaient mêlés dans ses cheveux taillés en cornes.

Après sa chute dans la cascade, Sankari s’était réfugiée dans les rochers où, plus tôt, elle et Aomuirne s’était cachées des Darfaris. Sankari était blessée à la jambe, désarmée, nue, vulnérable, alors elle était retournée vers les corps des chasseurs avant que la nuit ne tombe.

Elle s’était penchée sur chacun des cadavres, une femme et trois hommes. Doucement, elle avait refermé leurs paupières, nommé leurs esprits et avait dessiné sur leurs lèvres un trait avec son propre son sang pour les apaiser. Ensuite, elle avait pris le pagne Lé-Wé de la jeune femme, pour aller le nettoyer dans la rivière et s’en vêtir. C’était un beau pagne, qui épousait ses hanches, et collait à sa peau. Il n’était pas orné de vulgaires coquillages, mais de vraies phalanges, et de dents humaines. Il serait une bonne protection.

Revêtue de cette nouvelle fierté, Sankari avait repris le chemin des cadavres. Elle s’était emparée de leurs vêtements, d’un couteau d’os tranchant et d’un gourdin. Puis, elle s’était penchée sur le corps du plus beau des guerriers et avait caressé son dos de ses longues mains. Alors, à la seule lumière du crépuscule, la jeune femme prit le couteau et commença à découper, doucement, pour ôter cette belle peau, sans la déchirer.
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