Les Mystères des Terres de l'Exil intègre son mod MTERP
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Alastar

le Mer 27 Déc - 19:25



Nom du personnage :
Alastar
Age :
53 ans
Ethnie :
Nemedian
Religion :
Mitra
Alignement :
Neutre bon
Métier :
Prêtre








Thème du personnage







Taille :
1m87
Poids :
80 kg
Apparence :
Alastar a beaucoup voyagé et sa fonction de prêtre le maintient dans un mode de vie ascétique. Il est donc assez mince mais plus robuste qu'il n'y paraît et surtout rapide.
Personnalité :
Alastar est obsédé par les questions spirituelles, encore plus que le prêtre lambda. Il est toujours hanté par sa quête de la Vérité qui peut parfois le rendre inquiétant. Au premier abord, il est distant et froid, mais une fois que vous faites connaissance, Alastar est quelqu'un de très chaleureux qui n'hésite pas à partager. Il aime rencontrer des gens, les aider du mieux qu'il peut et partager des connaissances. Alastar est sans doute la personne que vous souhaitez le plus au monde rencontrer quand vous êtes dans une situation périlleuse car il fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider et apaiser la situation.
Alastar est un prêtre de Mitra itinérant qui, bien que sa foi soit sincère, s'est aventuré dans des contrées aux coutumes et aux philosophies plus étranges les unes que les autres. Celles-ci ont déteint sur sa croyance et, après une discussion avec un vieux sage de Vendhya, il est devenu obsédé par des questions spirituelles d'un autre ordre. Ce qu'il nomme la Vérité. Nul ne sait ce qu'il veut réellement exprimer par ce mot, lui-même ne le sait peut-être pas non plus. Cette quête lui a causé de nombreux problèmes parmi ses congénères. Toléré au début, il commit de nombreuses infractions au code de Mitra et fut recherché pour être mis à mort. Le voici aujourd'hui crucifié pour expier ses péchés dans le désert brûlant. C'est alors qu'il subit une crise mystique entre deux évanouissements et voit Mitra lui apparaître à travers la tempête de sable. Il se réveille ensuite enfin libéré. Mitra l'a sauvé pour le remettre à son service. Alastar, infiniment reconnaissant promet de dévouer sa vie à son dieu et de sauver les gens de tout péril, bien que la quête de la Vérité reste toujours dans un coin de sa tête...




Vous marchez sur une vieille route bordant une rivière, au loin, vous voyez les montagnes qui récoltent leurs premières neiges à leurs sommets. Une forte pluie glaçante commence à tomber et vous courez pour vous abriter en-dessous d'un arbre. Vous vous réchauffez les mains de votre souffle et sursautez à un bruit de grognement qui vient de derrière vous. Un ours ? Un loup ? Vous vous retournez en craignant le pire. Ce n'est qu'un homme assis par terre, chétif d'apparence, il est recroquevillé et est assez crasseux et ne bouge pas d'un centimètre. Vous comprenez pourquoi vous ne l'aviez pas vu, il aurait pu rester longtemps inaperçu s'il ne s'était pas manifesté. Pourtant, alors que vous vous attendiez à un dialogue, l'homme reste silencieux. Vous êtes tout de même rassuré de ne pas avoir servi de repas à une bête et vous vous présentez en disant votre nom. L'homme se contente alors de lever la tête et de poser des yeux froids sur vous.

Les gouttes de pluie glissaient le long des feuilles du grand orme et tombaient sur la capuche de l’homme aux yeux presque aussi blancs que ses cheveux. Ils étaient d’un bleu profond quand il était enfant, et il voyait toujours clair. Chaque pas de cette itinérance presque ininterrompue lui avait fait perdre une nuance de couleur. Cette allure fantomatique et sa mauvaise tendance à courber le dos lui donnaient en effet un air de vieillard. Il était pourtant à cet âge où le corps est encore robuste et où l'on commence à acquérir la sagesse des anciens. Un temps où les hommes sont patriarches, maîtres et seigneurs respectés, le galop de la mort est encore lointain. Ses doigts engourdis par le froid et ridés par la pluie tenaient fermement le bois noueux du pommeau de sa canne de marche.

« – Alastar, finit-il enfin par avouer. »

Son apparente faiblesse semblait cacher une vigueur surprenante dans la voix, qu’il avait grave et pleine d’accents différents qu’il avait adopté à son insu au cours de ses voyages. De par son apparence, vous devinez qu'il s'agit d'un prêtre, probablement de Mitra.

« – Que faites-vous là Alastar ?
– Je suis en quête cher ami.
– En quête ? De quoi pouvez-vous bien être en quête en restant assis ?
– De la Vérité. Nul besoin de courir pour la trouver, il suffit d'être au bon endroit au bon moment.
– Que voulez-vous dire ?
– Peut-être la détenez-vous ?
– Encore faudrait-il que je sache ce que c'est. »

Alastar soupire.

« – Lui non plus... Je ne la trouverai donc pas ici. »

Alors qu'il finit de parler, vous entendez des bruits qui semblent être ceux d'une troupe à cheval au loin. Alastar se lève brusquement et avec une rapidité que vous n'imaginiez pas le moins du monde.

« – Fuyez ! Ne restez pas là ou il vous prendront avec moi.
– De qui parlez-vous ? Pourquoi ces hommes vous en veulent-ils ?
– La quête de la Vérité est périlleuse, ne restez pas là à poser des questions idiotes et courez vous cacher dans la forêt. »

Alastar vous prend par le col et vous lance de l'autre côté avec une facilité déconcertante, vous arrivez à peine à rester debout. Vous vous mettez alors à courir sans demander votre reste. Vous entendez Alastar une dernière fois.

« – Adieu l'ami ! »

Vous êtes couverts par les arbres quand vous semblez entendre la troupe être arrivée auprès d'Alastar. Des cris d'hommes arrivent à vos oreilles et enfin le silence complet.



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Re: Alastar

le Jeu 28 Déc - 14:58
Chapitre I : L'Éveil




Les brumes se dissipèrent légèrement des yeux d'Alastar. Son esprit, lui, avait encore un pas dans le monde des rêves. C'est alors qu'il le vit. Pendant que le vent et le sable fouettait son visage tuméfié, son visage apparut comme s'il avait toujours été présent mais que le vieil homme ne le voyait pas. Un visage dur mais d'une certaine beauté. Il voyait dans son regard une détermination qui appartenait à un autre genre d'être. Il n'était pas de ce monde. Il parla d'une voix grave et noble.

« – Cette terre n'aime pas les hommes. Devrais-je te libérer ? Ca pourrait te tuer, dit-il en riant. Il aurait pu être plus généreux de te laisser mourir sur la croix. On se reverra. »

Alastar sussura le nom de Mitra avec espoir, mais il ne l'entendit pas. Le prêtre soupira légèrement et s'évanouit à nouveau.

Quand Alastar se réveilla, Mitra était parti. Il était seul, sur le sable brûlant, épuisé mais plein d'espoir à mesure que son esprit comprenait qu'il était toujours vivant, libéré des mains de Mitra lui-même !
Sa ferveur s'accrut à la miséricorde de son dieu, le plus grand de tous ! Ne lui avait-il pas donné de mission ? Alastar se releva et se sentit complètement abandonné dans cette vaste étendue désertique. Il secoua la tête et se reprit. Il ne pouvait pas céder au désespoir, pas après ce que Mitra avait fait pour lui. Sa mission ? Elle était aussi clair que le ciel sans nuages au-dessus de lui. Rendre gloire à son dieu à travers ses terres désolées. Faire de ce désert un paradis d'arbres de la paix et de fruits de la justice. Alastar, le prêtre déchu, en serait le gardien et le jardinier.

Après quelques observations, Alastar se dirigea vers le nord, vers des terres plus propices d'accueillir le point de rassemblement des âmes égarées de ce monde maudit. Il marcha inlassablement, échappant maintes fois aux bêtes féroces de justesse. Il arriva finalement à un grand fleuve où il put étancher sa soif car, comme chacun le sait, un homme a soif de justice mais il a aussi soif d'eau fraîche.

Après s'être désaltéré et reposé sous l'ombre d'un palmier, Alastar reprit sa route inlassablement, escaladant des parois abruptes et friables desquelles il faillit tomber vers sa mort. Rien ne l'arrêtait sur sa route, aucun obstacle ne l'arrêterait dans sa mission divine. C'est ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'il arrive à une frontière d'apparence infranchissable. Une montagne sans fin, ni à sa droite ni à sa gauche, s'élevait devant lui, surplombée par une muraille. Était-il à la fin de toutes choses ? N'y avait-il rien d'autre derrière ? Alastar ne pouvait s'avouer vaincu aussi facilement. Il prit son courage à deux mains et rassembla ses forces pour grimper, bout par bout, l'énorme falaise.

Il était maintenant entre espoir et désespoir, entre la foi et l'impiété, entre le sommet et la chute, entre la vie et la mort. Alastar avait l'impression à ce moment que toute sa vie avait dépendu de ce moment précis. Après une éternité, le prêtre aperçut la fin de son calvaire, une touffe d'herbe verte semblait le saluer en dansant par la fraîche brise descendant du ciel. Il atteignit le sommet et se releva. La brèche de la muraille qu'il avait observé d'en bas lui permit de passer de l'autre côté.

Alastar eut le souffle coupé et des frissons lui parcoururent le corps, aussi bien par le paysage splendide qui s'offrait à lui que par le froid soudain qui parcourait sa peau nue. Des lacs d'eau scintillante, des prairies verdoyantes et des montagnes enneigées parcourant l'horizon s'offraient à lui. Il ouvrit les bras et tendit les mains vers le ciel.

« – C'est ici, dit-il avec confiance et satisfaction. C'est d'ici que les torrents de justice et de paix déferleront sur les plaines arrides. C'est d'ici que Mitra affirmera son royaume. C'est ici que les âmes de ce monde me rejoindront et trouveront la paix dans la gloire ! »

Alastar comprit alors que ce qu'il avait vécu jusque là n'était rien. La croix, les bêtes, la soif, l'escalade n'étaient pas des épreuves. Elles n'étaient qu'un avant-goût de ce qui attendrait Alastar dans les temps à venir.

Le travail ne faisait que commencer pour le prêtre de Mitra.
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Re: Alastar

le Sam 30 Déc - 11:26
Chapitre II : Le zèle du prêtre




*Sproutch*

Le lapin n'avait aucune chance face au prêtre. Malgré son âge, il était encore bien agile et son expérience de la survie, acquise lors de ses nombreux voyages, lui était bien utile dans ces landes pluvieuses et froides. Le prêtre se releva, tenant le lapin ensanglanté dans une main et sa hache dans l'autre.
La vie était dure et Alastar n'avait pas rencontré âme qui vive, à part les loups et les ours. Il avait pourtant essayé de prêcher à un ours, qui l'avait poursuivi, depuis un rocher sur lequel il avait trouvé refuge mais il ne voulait rien savoir. Il avait toutefois fini par se lasser de ne pouvoir l'atteindre (ou de l'entendre le sermonner) et avait fini par partir.
Alastar s'était établi près d'un petit lac, l'endroit était relativement paisible, si ce n'était pour le raffut que produisait un gros village proche. De vrais sauvages à convertir pensait Alastar. Il retourna à son camp vétuste et s'occupa de préparer le lapin. Il enleva la peau et les boyaux, il était bien maigre, et l'embrocha pour le mettre sur le feu, heureusement, Alastar avait prévu de garder du bois sec dans ce pays où il semblait pleuvoir sans cesse. Alors que le repas commençait à dégager une odeur alléchante, Alastar se positionna devant le petit autel qu'il s'était aménagé face au lac. Les mains vers le ciel, il remercia Mitra de sa bonté et le pria de l'aider dans sa mission.

Alastar entendit alors des bruits effrayants venir d'un fourré longeant le lac à sa gauche. Des glapissements, des coups et des râles de mort. Après de longues secondes, une tête encapuchonnée en sortit, puis un homme entier qui traînait un loup mutilé et ensanglanté.

« – Eh, étranger... »

Le prêtre interrompit sa prière.

« – Je te dérange ?
– Pas le moins du monde mon ami. Que puis-je faire pour vous ?
– Tu comptes mourir dans quelques heures au juste ?
– Si c'est la volonté de Mitra je suis prêt à tout.
– Mouais... Enfin évite d'attirer la volonté de ton dieu en provoquant Asagarth si tu comptes prêcher un peu plus longtemps. Je dis ça je dis rien après...
– Ma mission n'est pas de provoquer mais d'apaiser ces terres hostiles.
– Ok, je vois... Sauf que les nordiques prient Ymir et sont peu réceptifs question culte extérieur... sauf à grands coups de masse si tu vois ce que je veux dire.
– Vous semblez bien connaître les lieux.
– Je suis chasseur, je connais toutes ces terres depuis un petit moment.
– Je vois... Quelle approche me conseillez-vous donc ?
– Déjà, vous isoler là où vous ne dérangerez personne.
– Entre les sauvages et les bêtes c'est difficile à trouver...
– Y'a un petit village à l'est, c'est calme sur la rive sud et relativement paisible. Chacun y fait sa vie, je vous conseille de vous iinstaller là-bas.
– Mmh, ce serait un bon début pour mon prêche...
– En effet, c'est toujours plus pratique de le faire vivant.
– Pouvez-vous m'y mener ?
– Ouais pas de soucis, je vous protègerai des bêtes pendant le voyage. Prenez vos affaires avant que le haut-roi envoie une phalange vous balayer.
– Avec grand plaisir. Au fait, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Alastar.
– Shin.
– Enchanté, Shin...
– Viens avec moi vieil homme. »

Le prêtre ne tarda pas à rassembler le peu d'affaires qu'il possédait et son lapin (un peu trop cuit) qu'il commença à grignoter en marchant. Shin lui lança un drôle de regard.

« – Vous en voulez ?
– Non ça va j'ai pas faim. »

Ainsi, ils allèrent par monts et par vaux vers le petit village bordant une rivière. Le cadre était splendide et Alastar sentit que sa mission prenait un tournant considérable. Mitra avait répondu à ses prières, gloire à lui !
Deux hommes discutaient au centre. Ils étaient tous les deux grands et minces. Ils arrêtèrent et se tournèrent vers les deux nouveaux arrivants, curieux de savoir qui était ce vieil étranger que ramenait Shin.

Alastar se présenta d'emblée.
« – Salut à vous, je suis Alastar, prêtre de Mitra.
– Je suis Valerian, dit l'un des deux qui avait un air revêche.
– Et moi Khar, que Mitra vous bénisse, dit l'autre homme au visage plus paisible.
– Que Mitra vous bénisse aussi. »

Alastar était heureux de rencontrer un disciple de Mitra dans ces lieux si reculés et, même s'il ne voulait pas vraiment l'admettre, il était aussi rassuré et se sentait moins seul au monde.

« – Je l'ai trouvé près d'Asagarth à prier, il n'aurait pas vécu longtemps si je ne l'avais pas pris avec moi. Il voudrait s'installer chez nous. »

Valerian leva un sourcil à l'évocation d'Asagarth et les fronça à l'idée qu'un prêtre de Mitra vive près de lui.

« – Je n'y vois pas d'inconvénients si vous ne m'empêchez pas d'appliquer mes propres méthodes quand des problèmes se présentent.
– Je ne sais pas de quelle méthode vous parlez mais je sais être conciliant. »

Le visage de Valerian se détendit et ils se serrèrent fièrement la main.

« – Très bien, venez, nous allons vous aider à vous installer. »

Les nouvelles connaissances d'Alastar, à son grand étonnement, travaillèrent d'arrache-pieds pour lui offrir un gîte. La générosité de ces hommes dépasse leur propre connaissance pensait-il.

L'espoir était bien présent dans ce petit village du nord.
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Re: Alastar

le Mer 3 Jan - 12:55
Chapitre III : L'Extase



La nuit enveloppait le monde de l'orient à l'occident, de la plus profonde des vallées à la plus haute des montagnes. Un point lumineux brillait du haut d'un promontoire sur les terres d'exil. Un homme, dont les cheveux blancs témoignaient des ans passés, restait debout à l'autel de son dieu. Il nettoyait la cire fondue des bougies. Le prêtre, gagné par la fatigue, pensa à tout ce qu'il avait vécu depuis qu'il était arrivé sur ces terres. Il avait fait tant de rencontres en si peu de temps.
Cette jeune fille, Tasha, si espiègle et pourtant si attachante. Elle lui en avait fait voir de toutes les couleurs et, même s'il la réprimandait, il n'avait aucune colère contre elle. Elle était venue à son temple, un jour qu'il priait comme à son habitude. Comme une petite bête curieuse et craintive, elle s'était approchée, intriguée par l'image inhabituelle d'un prêtre en prière. Le chemin était encore long avant de pouvoir vraiment l'approcher et lui parler mais Alastar était confiant, sachant qu'il lui faudra beaucoup de patience pour toucher son cœur à la beauté du culte de Mitra. Ô mon dieu, prend-la sous ton aile.

Pourtant, les démons n'avaient pas tardé à retrouver le prêtre. Le roi du nord avait décidé de tyranniser la petite communauté paisible, cette dernière se croyant pourtant assez éloignée de ces terres. Ce tyran avait eu entre autres choses le culot d'interdire à Alastar d'étendre son sanctuaire ! Valerian, lui, avait disparu, amer aux épreuves de ce monde mais avait fini par revenir, comme changé par des épreuves. Alastar avait le sentiment qu'il ne lui avait pas tout dit. Le prêtre avait lui-même hésité à partir, Shin lui ayant proposé de s'installer plus au sud où il y aurait une communauté de fidèles de Mitra. Mais Alastar devait remplir sa mission là où était le danger, il ne pouvait fuir les épreuves que lui imposait Mitra, même s'il devait en mourir. Les autres étaient de son avis et Shin, qui connaissait du monde avait trouvé des alliés, persécutés comme nous. Les préparatifs de défense avaient commencé et Alastar aidait comme il le pouvait, ne serait-ce que par la prière. Il regarda son autel avec appréhension en espérant qu'il serait bientôt fini.

« – Joli temple, dit une voix de femme derrière lui. »

Alastar se retourna et vit une femme sortant de l'obscurité. Elle avait de longs cheveux noirs et à l'air triste qui lui rappelait étrangement une vieille connaissance.

« – Merci, répondit Alastar, surpris par une visite aussi tardive d'une inconnue.
– Mitra, rare sur ses terres.
– Aussi rare que la paix et la justice.
– Vous aurez de nombreux ennemis.
– Je tiens tête aux ennemis, je n'ai pas peur.
– J'ai voulu me marier, qu'une prêtresse de Mitra nous unisse. Elle a refusé car je ne suis pas de votre religion, est-ce possible sur ces terres de ne suivre qu'un seul dieu ?
– Le plus important est de savoir qui vous suivez. Cet autel, vous pouvez le voir comme l'autel de la liberté des peuples qui vivent sur ces terres.
– Mitra accorde-t-il le repos aux morts qui ne les suivaient pas ? Peut-il les bénir, même morts ?
– Si c'était la volonté de l'être auquel vous pensez, alors Mitra l'accueille d'un seul mot de sa part, d'une seule pensée. Mitra ne force pas les gens qui ne veulent pas être en sa présence.
– Peut-on bénir une âme qui n'a pas encore connu la naissance ?
– Oui. L'être commence à l'acte d'union entre l'homme et la femme. Alors Mitra accorde sa bénédiction à ce nouvel être. Ensuite, c'est à la personne de décider ce qu'elle veut. Dans tous les cas, Mitra ne commet aucune injustice.
– Sommes-nous obligés de ne vénérer que lui pour cela ?
– Nous devrions plutôt nous poser la question : pourquoi vénérer les autres quand Mitra nous donne tout ce dont nous avons besoin ? »

Alastar s'interrompit un instant, il entendit des bruits de pas et vit Shin, un peu en retrait, adossé à un rocher, écouter tranquillement. Puis, la femme prit la parole :

« – Beaucoup de dieux affirment cela prêtre, tous je dirais, et pourtant mon homme est mort il y a peu. On me l'a arraché sans que je puisse retrouver son corps. Je n'ai rien pour faire mon deuil, seul un souvenir...
– Beaucoup de dieux l'affirment peut-être, mais je peux vous assurer que seul Mitra tient ses promesses. Quant au deuil, il n'est jamais facile, même quand on est habitué à la mort comme moi. Même sur ces terres, à cette altitude, j'entends les cris de désespoir des hommes et des femmes au fond de la vallée. Ils n'attendent que la paix. Peut-être que votre homme l'a trouvé ?
– Je l'ignore, il ne vénérait aucun dieu.
– C'est le secret du coeur, peut-être croyait-il.
– Peut-être.
– Je prierai pour lui et pour vous.
– Entendra-t-il ma prière, bien que je ne sois pas... je ne le vénère pas. Daignera-t-il seulement l'entendre ?
– Prier, c'est parler à Mitra en l'aimant. Tout simplement. Placez une once d'espoir et il vous répondra d'une manière ou d'une autre.
– Si je lui demande de prendre mon homme auprès de lui, qu'il repose en paix, le fera-t-il ?
– La prière d'intercession d'un être proche est très puissante. Vous pouvez avoir bon espoir qu'il le sera.
– Comment dois-je faire ?
– Il n'y a pas de geste, priez en sincérité devant l'autel, parlez-lui comme à un proche. Voulez-vous m'accompagner en prière ?
– Je peux le faire en pensée ?
– Oui bien sûr. »

Alastar regarda l'horizon, la lumière du soleil apparaissait, baignant le monde d'une lumière encore timide.

« – L'aube se lève... dit Alastar. C'est le moment idéal. »

Il vit Shin se retirer en silence en jetant un dernier regard vers eux.

« – Quel était son nom ? demanda le prêtre à la femme.
– Ashran, Ashran de Sand. »

Alastar, se dirigea vers le haut de l'autel et, alors qu'il était vêtu de haillons, se prépara à la prière. Sa prestance et la lumière le recouvra petit à petit d'une toge de gloire. Alors, pendant un instant, Mitra semblait s'être personnifié dans son serviteur. Il leva les mains au ciel et avec confiance il dit ces mots.


Thème :






Mitra. Accorde ta miséricorde à Ashran de Sand. Cette femme te le demande, et moi, ton humble serviteur. Accueille-le auprès de toi et donne-lui la paix. Donne aussi la paix à cette femme qui t'implore d'apaiser ses souffrances et bénis-nous de ta bienveillance pour toujours. Par Mitra.

Il baissa lentement les bras et se retourna d'un air serein vers la femme.

« – Mitra nous a entendus.
– Merci, dit-elle dans un soupir.
– Vous pouvez aller en paix.
– Je ne l'oublierai pas. »

Elle s'éloigna alors. Alastar espérant que Mitra la guide à travers les épreuves de la vie. Il se rendit compte alors qu'il ne connaissait même pas son nom. Qu'importe, d'expérience il savait qu'une prière sincère était le meilleur moyen de rapprocher deux êtres. Il se retourna vers le soleil qui éclairait maintenant au-dessus des montagnes et, regardant la statue de Mitra, le remercia humblement.
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Re: Alastar

le Mar 9 Jan - 2:22
Chapitre IV : Miracles



« – Ils sont coriaces. »

Le guerrier sortit son épée du crâne du sauvage dans lequel elle était enfoncée.

« – Vous êtes un redoutable guerrier Cormac. »

En effet. L'homme casqué se tenait au milieu du champ de bataille, entouré de cadavres. Il avait pourtant l'air serein, comme s'il avait fait ça toute sa vie. Cormac, à qui il avait commencé à apprendre à lire, le remerciait en lui faisant visiter les différents points de rassemblement des fidèles de Mitra éparpillés sur les terres d'exil. Alastar avait subi l'affront de perdre son autel aux mains des darfaris, du moins c'est ce que les autres disaient. Lui était persuadé que le roi du nord était responsable, si Shin et Valerian n'avaient pas été là, il aurait réinstallé son sanctuaire devant les portes mêmes d'Asagarth ! Le voyage était semé d'embûches mais tout cela semblait comme une promenade de santé pour le fier Cimmérien.


Soudain, un cor terrible retentit dans les hauteurs. C'était le cor d'alerte de Midgarth. Alastar se retourna, les yeux écarquillés et passant en une seconde du calme à la précipitation.

« – Nous devons partir à l'instant, les nôtres sont en danger ! »

Le cerveau d'Alastar sembla oublier que le prêtre n'était plus dans sa prime jeunesse. Il n'avait qu'un but, retourner au plus vite à Midgarth. L'ascenseur qui les portèrent vers les cimes sembla monter pendant une éternité. Enfin, arrivés en haut, ils croisèrent Triskya qui affichait une expression inhabituelle sur le visage, comme si elle était perdue.

« – Triskya ?
– Tout va bien ?
– Oui.
– Naara et Elenna sont blessées.
– Comment est-ce arrivé ?
– Des jarres ont explosé à vos portes. »

Ils coururent alors vers la maison de Shin. Ce dernier et plusieurs autres membres du village et de la harde couraient avec des torches, à la recherche d'autres pièges. Il y avait une odeur de souffre dans l'air et la nuit était chaude comme un jour d'été. En arrivant, Alastar vit Elenna et Naara allongées, il y avait du sang, trop pour ne pas s'inquiéter.

« – Quelle est la situation ? demanda Alastar qui s'approchait d'Elenna pendant que Waseme et Aomuirne ,des nouvelles arrivantes au village avec Sankari
– Elenna respire mais son enfant... Je ne saurais dire, dit Waseme, l'une des nouvelles arrivantes au village avec Aomuirne et Sankari.
– Je vais examiner son ventre.
– Fais donc.
– J'ai appris quelques techniques en orient pour juger de l'état du bébé en massant le ventre. »

Alastar posa ses mains sur le ventre d'Elenna qui était inconsciente. Elle portait un bandage sur la tête, des écorchures sur le corps semblaient avoir été traitées, son bas ventre était couvert d'hématomes. Mais surtout, le sang coulait sur le sol entre ses jambes ce qui inquiétait le prêtre au plus haut point. Il se souvint du jour où elle était venue à lui et qu'ils avaient prier ensemble. Et cet autre jour où elle était venue faire bénir son enfant à naître. Par pitié Mitra, priait-il en pensée, ne l'abandonne pas...

Un soulagement se dessina alors sur son visage en examinant la femme.

« – Je sens l'enfant, il a l'air agité mais à sa place. Mitra soit loué. »

Alastar décrivit des cercles avec son ankh sur le ventre d'Elenna et murmura des prières en un langage étranger.

« – Cet enfant est un miracle avant même d'être né. »

Il prit un oreiller qu'il mit sous la tête de la mère miraculée. Il vit alors Aomuirne et Waseme au chevet de Naara. Il se releva en jetant un dernier regard vers Elenna avant de se tourner vers les deux guérisseuses.

« – Quelles sont ses blessures ?
– Elle s'est prise une explosion mais elle est entière. C'est un miracle mais elle se vide de son sang, le temps presse.
– Avez-vous posé des garrots ? »

Pour réponse, Waseme lui tendit des tissus. Ceux-ci se déchirèrent sous ses mains, ils étaient beaucoup trop fragiles. Naara continuait de saigner.

« – Tiens, j'en ai pris, dit Aomuirne en lui tendant précipitamment d'autres bandages.

Ceux-ci tinrent beaucoup mieux et Alastar put appliquer les garrots, le sang s'arrêta de couler.

Tasha arriva, troublée par ce qu'il se passait autour d'elle et se pencha vers Elenna pour aider.

« – Tasha non ! »

Alastar se retourna vivement et vit Tasha avec une torche près de l'entre-jambes d'Elenna.

« – Quoi ? dit-elle.
– Tasha, je l'ai déjà vérifié ! Son bébé va bien !
– Vous m'enquiquinez !
– Elle a un enfant, elle ne pourra plus accoucher si tu cautérises.
– Shin veut que je sois ici mais dès que je fais quelque chose je sers à rien...
– Non, nous avons déjà fait ce qu'il fallait, c'est tout, répondit Alastar. »

Tasha arrêta alors sont opération et sortit en trombe en bousculant Waseme.

« – Tasha ! cria Alastar, mais trop tard, elle était déjà partie. Ce n'est qu'une enfant... dit-il avec dépit. »

Shin arriva, l'air plus sérieux que jamais. Waseme lui adressa la parole.

« – Elenna et son bébé iront bien. Et Naara... On ne peut rien faire pour ses jambes... j'ai peur qu'elle ne puisse plus marcher.
– Bien, ceux qui ne soignent pas, sortez, dit Shin. »

Il se retourna alors vers le vieux prêtre et lui dit :

« – Alastar.
– Emmène Naara au temple. »

Ces paroles surprirent vivement Alastar de la part de Shin.

« – Prie pour que ton dieu lui rende l'usage de ses jambes.
– Ce sera difficile de la déplacer dans son état.
– Fais-le quand même, elle a l'air stable. C'est pendant qu'elle ne sent rien qu'il faut agir.
– Transportez-la à plusieurs. Je vais me préparer. »

Il se précipita alors vers son sanctuaire, majestueux depuis qu'il avait été rénové. Il prit des bougies qu'il déposa sur l'autel avec respect. Quand il eut fini, Deucalion et Cormac arrivèrent, portant la pauvre femme inconsciente. Ils la posèrent sur l'autel à la demande du prêtre qui s'agenouilla sans tarder. Les deux hommes partirent sans tarder, Naara quant à elle eut un bref sourire, à demi consciente.

« – Je suis pas... morte ? dit-elle presque imperceptiblement. »

Alastar commença alors la prière avec plus de solennité qu'il n'en avait jamais eu.


Mitra, mon seigneur. Ton humble serviteur te prie humblement en ce jour. Souviens-toi de la mission que tu m'as confié. Vois cette femme à tes pieds. Elle est juste et bonne avec les autres. Elle se bat pour la justice et la paix sur ces terres corrompues. Aujourd'hui, les forces du mal se sont attaquées à elle. Elles l'ont blessée dans la chair. Je t'en supplie seigneur, guéris ses jambes afin qu'elle puisse continuer à veiller sur les autres.

L'autel frémit d'une légère lueur blanchâtre alors que les paroles du prêtre s'élevaient dans les airs.

Je te demande humblement ce don. Tu connais ma fidélité et ma foi. C'est tout ce que je te demande...

Alastar continua ses prières en murmure avec une expression de profonde paix sur le visage.

L'aura s'intensifia autour de l'autel jusqu'à rejoindre progressivement Alastar, l'entourant d'une douce chaleur, tandis que l'aura commença à tournoyer lentement. Le temps semblait se figer.

L'aura glissa lentement sur le corps de Naara, allongée, la couvrant peu à peu, glissant sur les jambes abimées. Elle se densifia tandis qu'elle tournait de plus en plus rapidement, laissant échapper un sifflement parmi les airs. La présence divine n'était plus à douter et Alastar pouvait le sentir au plus profond de son être. Naara se taisait, elle souriait avec douceur, tranquille, se calant sur la pierre comme si elle voulait y dormir. Alastar écarquillait les yeux qui avaient l'air d'abriter une flamme. Il semblait brûler de tout son corps en extase.

L'aura cessa subitement de tournoyer et finit par s'estomper lentement, laissant les deux individus. La présence divine n'était plus sensible. Mitra était parti comme il était venu.

Alastar ressentit une grande fatigue dans ses membres et ses paupières, comme si le poids de l'âge se faisait subitement sentir après toutes ces années de prêtrise.

Naara ne gémissait plus, elle souriait, regardant un peu autour d'elle et murmurant quelque chose.

« – Le peu de force qu'il me reste, mon dieu, servira à élever des monuments en votre gloire.
– Je l'ai senti, c'était... indescriptible, dit la jeune femme enfin consciente mais frisonnante.
– Vous avez rencontré mon dieu de la plus belle des manières, dit Alastar en se relevant tranquillement.
– C'est impossible à décrire, dit-elle en hochant la tête aux propos du prêtre. 
– Comment vous sentez-vous, fit-il en s'approchant.
– Mieux, bien mieux, même si je sens que la douleur et le corps sont encore fragiles.
– C'est normal, mais je suis sûr que ce n'est rien qu'un peu de repos ne puisse réparer. Vous pouvez vous relever ? dit-il en tendant la main.
– Merci, je vous aiderai en retour, autant que je le pourrai. »

Naara se releva grâce à son aide et se tint debout, un véritable miracle au vu de son état d'il y a quelques minutes.

« – Pouvez-vous faire quelques pas ?
– Je... C'est trop tôt, mais je suis sûr que je le pourrai bientôt, dit-elle avec confiance.
– Restez à terre, je vais chercher quelqu'un, je suis trop épuisé pour vous porter. Je reviens vite. »

Il l'aida à se rassoir et alla chercher de l'aide. Triskya et Harya, qui étaient avec Shin, le suivirent. Alastar vit toutefois Tasha, qu'il considérait, malgré son célibat, un peu comme sa petite-fille, dans les bras de Shin et en pleurs. Malgré ce qu'il venait de se passer et la grande grâce accordée par Mitra, cette image l'attrista énormément, il n'avait pourtant pas le  temps pour aller la voir et ils se rendirent bien vite au temple où Naara les attendaient.

« – Naara ?! s'exclama Harya, choquée.
– Harya, répondit-elle en souriant.
– Mitra a répondu à mes prières. Gloire à sa bienveillance.
– Harya, je l'ai vu... Il était là, dit-elle toujours frissonante et hagarde. Je ne peux pas décrire ce qu'on ressent.
– Mais... qu'est-ce... qu'est-ce que tu fous là ? T'as picolé ? T'as... t'as  qu'des égratignures !
– Voyez la puissance Mitra, dit Alastar.
– Non, je n'ai pas picolé, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, on sortait... Il y a eu comme un souffle, une boule, je me suis sentie décoller.
– Elle a picolé Dranor, dit-elle à un homme qui venait d'arriver.
– Non Harya, j'étais là, dit Triskya.
– J'ai heurté un rocher, et je me disais... que j'étais morte, continua Naara. Je me souviens d'un intérieur, des gens qui discutaient, y'avait Tris.
– Une fois, dit Harya perdant son air accusateur, j'ai vu un soin comme ça dans le sud... Merde alors, dit-elle en se laissant tomber par terre.
– Oh et moi qui pensait qu'elle allait mal ! dit Dranor.
– J'ai rêvé de cet autel, je crois, dit Naara en se tournant vers lui. Et là, dit-elle en agitant la main. Une... je sais pas, j'étais bien, je ne me suis jamais sentie aussi bien.
– Faut qu'on file Naara, c'pas bon d'rester là, reprit Harya. T'vas raconter à la Harde hein... l'est inquiet là-bas.
– C'est un avant-goût de la paix de Mitra, répondit Alastar à l'interrogation de Naara.
– On a vu ce que donnait la paix de Mitra, prêtre.
– Et bien vous voyez un exemple concret ici, jeune homme.
– Ben t'sais Alastar... j'suis pas sûr l'nord l'entend comme ça.
– Je ne crois qu'au dieu des braves, Ymir, reprit Dranor.
– Ymir n'est pas un ennemi de Mitra. Ne soyons pas hostiles l'un envers l'autre. »

Harya se releva et se planta pratiquement nez à nez avec Alastar qui resta impassible.

« – C'gentil d'l'avoir aide... M'ci, dit-elle en l'enlaçant, un geste qui surprit Alastar mais qu'il accueillit avec bienveillance.
– Que Mitra vous bénisse et vous guide. »

Naara se leva elle aussi et se tourna vers le prêtre.

« – Merci, je ne serai pas ingrate, vous le savez.
– Je le sais. Prenez soin de vous et soyez bénie. »

Ses amis l'aidèrent et ils partirent, non sans que Naara remercie Alastar une dernière fois en passant à côté de lui.

Une fois la troupe fut partie, Alastar resta quelques instants à contempler la statue de Mitra sur l'autel. Il s'approcha alors de ce sanctuaire visité et béni par Mitra, comme à son habitude, et recommença a prier avec une foi renouvelée.
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Re: Alastar

le Jeu 11 Jan - 14:59
Chapitre V : De l'aube au crépuscule



Tout était calme à Middgarth en cette matinée. Le temps clément annonçait une belle journée. Le coulis de l'eau sous le temple accompagnait les prières du prêtre d'une douce musique. L'aube était son moment préféré de la journée, c'était là qu'il priait le plus pour accompagner sa journée d'une méditation profonde en espérant que Mitra veillerait sur lui tout le long.

« – Alastar ? »

Le vieil homme reconnut la voix de Deucalion. Il interrompit sa prière et se retourna. Deucalion se dressait, dans son armure rappelant fortement son origine corinthienne. Malgré sa stature, il semblait appréhendre quelque chose.

« – Je t'écoute, dit simplement Alastar.
– Tu n'es pas sans savoir que je viens de Corinthe.
– En effet.
– Depuis mon plus jeune âge, on m'a fait prier Mitra, mais lorsque je suis devenu mercenaire je m'en suis éloigné. Je me suis mis à prier Crom mais au vu des derniers évènements de ma vie et ici... »

Il s'arrêta et prit un air sombre.

« – Tu souhaites retrouver le chemin qui mène à Mitra ?
– J'aimerais surtout, au cas où je mourrais, pouvoir rejoindre les êtres que j'aime.
– Tu as raison, et le chemin de Mitra est aisé à emprunter.
– Ma f... Ma famille est auprès de Mitra...
– Alors ils sont en paix et heureux. Leur perte en ce monde est certainement difficile, mais réjouis-toi pour eux.
– Mon souhait le plus cher n'est pas de vivre mais que je puisse les rejoindre lorsque je mourrai.
– Ils prient certainement pour toi de là-bas. Et c'est ce qui t'as amené à moi. »

Deucalion acquiesca aux propos du prêtre ce qui l'encouragea à en savoir plus sur ce que Deucalion connaissait de son dieu.

« – Tu as été élevé dans la foi, mais connais-tu bien Mitra ?
– Juste ce que ma mère m'en a dit. Que c'est un dieu vertueux et bon. Et que je me dois de le prier si je veux vivre une vie vertueuse.
– C'est très juste, dit Alastar en hochant la tête. »

Il se tourna vers l'autel avec respect, contemplant le visage taillé de Mitra, sage et paisible.

« – Oui, la prière est le meilleur moyen de se rapprocher de lui. Il est le dieu de la justice et c'est auprès de lui qu'on trouve la paix. »

Deucalion se tourne à son tour vers l'autel tout en restant silencieux. Alastar semblait perdu dans ses pensées mais, après une profonde inspiration, il continua.

« – Regarde-moi, toutes ces années passées sur les routes à prêcher. Malgré les périls, les fatigues, les déceptions. Tu sais ce qui m'a aidé à tenir ?
– Non prêtre.
– La prière. Car la prière, comme je le dis souvent, c'est parler à Mitra en l'aimant. Et quoi de plus beau que l'amour pour porter un homme ? dit-il en souriant.
– Dans ce cas, je prierai plus Mitra, reprit Deucalion en fixant toujours l'autel.
– Il t'accueillera à bras ouverts.
– L'amour a disparu de mon coeur il y a bien longtemps prêtre.
– Il peut être retrouvé. Il suffit de le rechercher inlassablement. Le seul acte de prière est comme je l'ai dit, un acte d'amour avant tout. Tout simplement.
– D'accord, j'en prend note... J'aimerais que vous me bénissiez pour me pardonner tous mes péchés. La mort et la désolation que j'ai semé avant de venir ici.
– Tout cela sera effacé si ton repentir est sincère. Très bien, suis-moi. »

Le visage du prêtre avait pris une allure plus sérieuse, comme pour se préparer intérieurement et extérieurement à un acte grave et plein de sollenité. Ils descendirent les marches qui menaient à la rivière. L'eau descendant des montagnes était fraiche et pure. Deucalion semblait inquiet alors qu'il enlevait le haut de son armure et la posait sur un côté de la berge.

« – Tu es prêt ?
– C'est bon. »

Alastar sortit son ankh de la main droit qu'il plongea dans l'eau et plaça le bout sur le front de Deucalion. Il commença ainsi sa prière :

Mitra, mon seigneur. Vois cet homme agenouillé. Il est là pour demander le pardon de ses péchés. Il veut retrouver ta grâçe, seigneur. Il veut retrouver le pardon, le sentier de justice et de paix. Il veut voir ta gloire dans toute sa splendeur, retrouver sa famille auprès de toi. Accorde-lui ta miséricorde. Restaure sa dignité de fils de Mitra et protège-le des périls de ce monde impie. Par Mitra, je te bénis, Deucalion de Corinthe.

Il conclut en décrivant des cercles avec son ankh.

« – Par Mitra.
– Je me soumet à son jugement.
– Relevez-vous, enfant de Mitra. »

Deucalion se releva, comme bouleversé par ce qui venait de se passer, un acte qu'il semblait avoir attendu toute sa vie.

« – Mitra se réjouit de votre repentir. Vous êtes pardonné.
– Merci, je... Je n'ai pas les mots...
– Parfois, le silence est la meilleure des prières. La contemplation fait également partie de la vie d'un Mitran. »

Deucalion hocha la tête.

« – Merci, dit-il en posant la main sur l'épaule du prêtre.
– Non, merci à vous, dit-il en souriant. C'est des personnes comme vous qui me donnent aussi la force de continuer. Venez, sortons de l'eau. »

Deucalion, l'air troublé, essaya de sourire. Une fois sorti de l'eau, il remit son armure.

« – Allez en paix, et soyez toujours juste avec les autres.
– Oui prêtre. Je reviendrai prier.
– Vous m'ôtez les mots de la bouche, dit-il en souriant à nouveau. »

Deucalion inclina légèrement la tête vers le prêtre avant de se détourner. En le voyant partir, Alastar remercia Mitra de lui permettre d'exercer son sacerdoce d'une aussi belle manière, dans ces terres bannies où rien du monde extérieur ne peut les atteindre, tout sauf la grâce de Mitra. Il rejoignit son autel pour retirer quelques bougies qui s'étaient entièrement consummées. Il entendit soudainement un bruit à sa gauche, une forme était apparue brusquement, descendant du promontoire. C'était une jeune fille aux cheveux blonds, Tasha.

« – Papy ? T'es tout seul ?
– Tasha ? »

Elle était accompagnée d'un homme casqué, casque qu'il retira, c'était Celeste.

« – Papa est où ?
– Peut-être chez lui, dit Alastar tâchant de se recomposer face à la surprise de sa visite.
– Pourquoi t'as changé ton autel ? fit-elle, curieuse comme toujours.
– Il l'a fallu, Shin voulait réorganiser nos défenses. J'étais réticent mais ce n'est pas si mal je trouve. Qu'en penses-tu ?
– Hum, ça va.
– Tu te plais là-bas ?
– Non. J'aimais mieux ici avant.
– J'aimais mieux quand tu étais là aussi.
– Pourquoi ? demanda Celeste, ne sachant quelles étaient ses raisons.
– C'est trop fermé, et j'aime mieux le nord et la nature verte. Ici, c'est comme chez moi. »

Tasha était transparente dans ses paroles aussi bien que dans son attitude et Alastar voyait bien l'amertume exprimée simplement par la jeune fille. Pourtant, sa sécurité était primordiale. Les terres du nord étaient dangereuses et les ennemis des loups de Middgarth nombreux. La dernière attaque ne le confirmait que trop bien. Il avait rendu visite aux lanciers quelques jours plus tôt avec Shin pour voir Tasha. Leur forteresse était impressionnante, les trophées nombreux. Cela n'avait fait que confirmer son sentiment qu'elle serait en sécurité auprès de Resan et des siens, même s'ils semblaient ennuyer la jeune fille pleine d'énergie. L'attention d'Alastar se porta sur l'homme qui l'accompagnait, Celeste, qu'il avait aperçu à leur visite. Alastar savait que c'était un ami de Tasha mais n'avait pas plus de précision sur leur relation.

« – D'où venez-vous Celeste ? demanda Alastar, incapable de discerner exactement l'origine de l'homme qui se tenait devant lui.
– Tarentia. J'étais capitaine des dragons noirs.
– Impressionnant.
– Ah bon ? En quoi ?
– Vous semblez jeune.
– Ben non il est quand même vieux.
– Tout le monde me semble jeune, dit Alastar en souriant.
– Et moi vieux, rétorqua Tasha qui sourit à son tour.
– Tu dois être la plus jeune et moi le plus vieux de ces terres.
– Hum !
– J'ai grandi dans une bonne famille, reprit Celeste. Ma mère vénérait Mitra et Ishtar, j'en ai même reçu mon nom en hommage.
– Je vois, il est vrai que c'est un nom original.
– Mon père, général chez les dragons m'a fait inculquer tant l'érudition que l'art de la guerre. J'ai pu rapidement intégrer les dragons noirs tant par mes capacités que par mon rang social.
– Priez-vous toujours Mitra ?
– Je ne prie plus grand chose, dit-il en regardant autour de lui. La vie et ces lieux ne m'ont pas incité à croire que Mitra veillait sur nous. »

Le prêtre hochait la tête, peu surpris par la réponse. En vérité, il l'avait entendu tant de fois qu'il aurait été surpris du contraire. La vie est rude et injuste avec beaucoup de monde. Admettre le principe d'un dieu simplement juste dépassait l'entendement de nombreuses personnes.

« – Mais j'ai gardé une certaine foi en Ishtar.
– C'est qui Ishtar ?
– Une déesse, répondit Celeste.
– Hum. Elle n'est pas très recommandable...
– Elle fait quoi ?
– Elle est très lumineuse, elle est amie avec Mitra, elle est douée pour la guerre et la fertilité.
– D'accord, dit Tasha. Mais pourquoi elle n'est pas très recommandable ?
– Ses temples sont remplis de prostituées et les orgies sont courantes...
– C'est quoi les orgies ? demanda Tasha de plus en plus curieuse.
– De mauvaises choses, répondit Alastar, apparemment gêné de devoir répondre à ces questions à une fille de 14 ans.
– C'est quoi les mauvaises choses ?
– Ils font coumcoum ensemble, dit Celeste.
– Coumcoum c'est pas bien ?
– Hum, fit Alastar, surpris par l'expression qu'il ne connaissait pas mais dont il connaissait très bien la signification.
– Ben si, dit Celeste.
– Pas avec n'importe qui, corrigea le prêtre.
– Voilà.
– Ah bon ? Pourquoi ?
– Disons que coumcoum faut être marié et aimer la personne.
– Tout à fait, dit Alastar, soulagé de constater que la conversation, contrairement à ce qu'il craignait, allait dans le bon sens.
– Mais certains dieux disent que pour eux c'est pas grave si tu fais n'importe comment.
– Mais les animaux ils font coumcoum avec tous les autres.
– Les hommes non, c'est aussi ce qui fait de nous des êtres doués de conscience et d'âme.
– Les animaux sont inférieurs à nous, trancha Alastar.
– C'est pas vrai ! s'indigna Tasha.
– Mais même certains d'entre eux ont des partenaires pour la vie tu sais.
– Ils sont plus fort que toi, dit-elle au vieil homme.
– Et que toi aussi ?
– Ben oui !
– Tu vaux moins qu'un animal ?
– Ben oui parfois. S'il arrive à me tuer.
– Je ne crois pas.
– Ben si. C'est un animal plus fort.
– Nous ne parlons pas de puissance mais de valeur.
– Ben c'est pareil, dit-elle avec toujours autant de détermination.
– Tu as beaucoup plus de valeur qu'un moineau ou qu'un rhinocéros..
– Sauf s'il arrive à me tuer.
– Ca n'a pas d'importance.
– Ben si ! »

Elle fronçait les sourcils, mécontente. L'acharnement de la jeune fille fit soupirer Alastar. La nuit commençait à tomber et la discussion semblait avoir duré tout la journée.

« – J'avais oublié ta fougue.
– C'est comme ça que je l'aime, dit Celeste en souriant. »

Le visage de Tasha s'était adouci mais afficha un peu de surprise aux mots de Celeste. De même, Alastar haussa un sourcil en le regardant. L'expression de l'homme montrait qu'il réalisait ce qu'il venait de dire.

« – Euh... fit-il, embarassé et rougissant. »

Tasha rougit de même et, pour le cacher et comme elle en avait l'habitude, fuya vers la maison de son père adoptif, Shin. Le prêtre et Celeste se retrouvèrent seul, Alastar le regarda d'un air interrogateur. Celeste toussa pour cacher sa gêne.

« – Attention Celeste, dit Alastar. Pas de coumcoum. »

L'homme ne répondit pas et s'en alla chercher Tasha sans demander son reste, Alastar se détendit et put enfin se permettre de rire franchement. Il s'en retourna à son autel pour le ranger avant que la nuit tombe tout à fait sur le village. Cette journée n'était pas représentative du quotidien du prêtre, tout n'était toujours pas si heureux sur les terres. Aussi, quand il retourna chez lui, il affichait un grand sourire satisfait.
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Re: Alastar

le Ven 12 Jan - 14:25
Chapitre VI : Mitra Militiae






Mitra Militiae, pour votre gloire seigneur, pas pour la nôtre. Les ennemis de la paix sont nombreux et, comme disait mon vieux maître Athanasius, il faut combattre le feu par le feu. Ces miliciens combattront pour votre cause que je représente humblement sur ces terres. Cette milice sera la plus belle lueur d'espoir que ce monde connaîtra jamais.

Cela fait quelques temps que Valerian, le premier milicien, qui était perdu, a retrouvé sa voie dans le chemin de la justice. Du moins, c'est ce que je pensais. Je ne le vois pour ainsi dire jamais au temple. Il passe beaucoup de temps à renforcer les défenses et à s'entraîner, il est vrai. Mais qu'en est-il de son progrès spirituel ? Il n'y en a aucun. De même que son comportement, bien que cela puisse demander du temps d'incarner au mieux les valeurs que vous nous inculquez, il ne fait pas d'efforts dans ce sens.

...

Oui, seigneur, il va falloir lui faire comprendre.

Par Mitra.


Quelques jours plus tard...


« – Tout ce sable, ce n'est pas bon pour mes poumons, disait le vieux prêtre. Par Mitra, qui pourrait vivre dans un endroit pareil ? »

Il était assis sur une dune de sable avec les autres, le désert et les ruines gigantesques s'étendant devant lui. Ils étaient nombreux au sommet de cette dune. Les loups de Middgarth, accompagnés de la Harde de l'ours, partaient chasser les Pictes, ces sauvages impies qui peuplaient les terres à l'ouest. Alastar les accompagnait, prévoyant qu'il y aurait de nombreux corps à purifier. Il ne s'en réjouissait pas particulièrement, il faisait simplement son devoir. Il aurait préféré que ces hommes rejoignent la vraie foi, mais qu'en était-il de ceux qui l'accompagnaient ? Certains s'étaient repentis sincèrement mais la plupart ne l'avaient pas fait, d'autres encore avaient fait semblant de le faire. Cela était bien plus grave. Il pensait à cela quand il entendit Valerian, plus loin sur sa gauche.

« – Un grain de sable, deux grains de sable, trois grains de sable, quatre grains de sable...
– Tais-toi Valerian, dit le prêtre, très agacé de voir son milicien se donner une nouvelle fois en spectacle. Quelle honte... »

Triskya qui, bien que n'adorant pas Mitra, avait de très bonnes qualités pour être l'une de ses fidèles soutint la remontrance d'Alastar.

« – Valerian! Recentre-toi !
– Oui cheffe, dit-il avec une pointe d'ironie. »

Il s'assit et, loin de s'arrêter, commença à jouer avec le sable comme un enfant. Cela eut don d'irriter profondément le prêtre.

« – Valerian.
– Oui ?
– Il serait peut-être temps que tu te comportes en vrai milicien. Cesse tes enfantillages.
– Hum... de la part de ceux qui me laissent derrière. »

La troupe des loups était en effet partie en avance en laissant quelqu'un aller le chercher. C'était une bien étrange rancune, Alastar n'y était d'ailleurs pour pas grand chose.

« – Ne répond pas. »

Valerian s'esclaffa. Alastar fut surpris par tant d'insolence.

« – Aomuirne est plus disciplinée que toi et elle n'a que 16 ans.
– Je vais verser une petite larme en y pensant.
– Nous en reparlerons à Middgarth, dit Alastar, contenant sa colère pour ne pas la laisser s'éclater devant tout le groupe.
– Je ne pense pas non, dit Valerian dans une ultime provocation. »

Alastar regarda son ankh, brillant à la lumière intense du soleil pour se distraire de l'injure que Valerian lui faisait. N'avait-il donc aucun respect ? Aucun honneur ? Si c'était cela, peut-être que le prêtre ne s'était pas assez impliqué dans sa formation, peut-être était-il trop tendre. Il avait en effet toujours essayé de se montrer charitable. Il lui fallait plus de poigne pour mâter les esprits indisciplinés, surtout sur les terres d'exil où les hommes semblent si éloignés des vertus et des principes fondamentaux de Mitra. Il faut que je sois plus ferme, pensait le prêtre.

Aomuirne, qui était partie en éclaireur avec Shin et Waseme, arriva d'abord comme un point à l'horizon et se fit de plus en plus nette à l'horizon brûlant. Quand elle se fut enfin suffisamment rapprochée, elle indiqua au groupe la route à suivre. Ils avaient découvert un village de Pictes, s'ils arrivaient à en capturer un, ils pourraient avoir des indications sur une sorcière qui vivait dans les environs. Le village était occupé par de nombreux sauvages bien armés. Le prêtre regarda ceux qui l'accompagnaient, ils avaient tous l'air féroces et aguerris mais lui qui n'avait aucune connaissance de la guerre pria Mitra de les protéger. Ils chargèrent sans pitié. Le vieux prêtre resta en arrière et, alors que les autres avançaient à coups de haches, d'épées et de flèches décochées, il purifiait les corps et soignait ceux qui étaient tombés. Aomuirne, à sa grande crainte, fut blessée, heureusement, ce n'était pas grand chose et Alastar la remit sur pied aussitôt. Eldris, en revanche avait reçu une entaille au torse et il avait un œil complètement en sang. Alastar fit ce qu'il put mais la bataille était finie pour lui, il fut ramené chez lui.

Le bilan n'était pas si mauvais pour la troupe, contrairement à ce que craignait Alastar. Il se réjouit de s'être trompé. La réjouissance ne dura pourtant qu'un instant car il vit, au sommet de la colline du village, un attroupement qui semblait protéger quelqu'un ou quelque chose. En s'approchant, Alastar vit Waseme à genoux, en prière, et du sang, beaucoup de sang. Celui du prêtre ne fit qu'un tour à ce spectacle de la prêtresse chantant à la gloire de Yog. Elle faisait cela dans le but de découvrir la chamane mais c'était trop pour le prêtre.

« – Ce n'est pas bien, dit-il en lançant un regard noir à Waseme. Il ne faut pas traiter avec les démons...
– Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Aomuirne qui se trouvait là.
– C'est un rituel impie.
– Mais non c'est Waseme, rétorqua la fille, encore trop jeune pour comprendre. Elle est gentille !
– Que Mitra vous pardonne... »

Waseme se releva, ayant fini ces sortilèges. A ce moment, Shin arriva pour savoir ce qu'elle avait appris. Waseme était couverte de sang, tremblante et transpirante, elle puait le sang et les boyaux.

« – Alors ? demanda Alastar l'air renfrogné, dégoutté par l'apparence et l'odeur de Waseme.
– Rien de neuf, dit Shin, qui avait interrogé un prisonnier.
– Une magie encore plus impie protège la chamane, mais au moins on sait qu'elle est toujours vivante.
– Ça valait bien la peine d'appeler les démons, dit Alastar.
– De Yog avoir vu chamane avoir senti magie... Elle puissante, très très puissante mais Waseme et Sototh n'a pas eu endroit exact. Elle doit avoir sortilège pour pas la trouver...
– Espérons qu'elle n'ait pas repéré Waseme, dit Valerian.
– Elle serait au sud, selon le prisonnier, informa Shin. Mais bon, entre ce qu'il dit et ce qui est, peut y avoir un fossé... »

Alastar ne prêtait pas attention à ce qu'ils disaient, il avait l'impression d'être le seul à voir ce qu'il venait de se passer. La violence était leur quotidien, certes, mais n'étaient-ils pas un tant soit peu choqué du tableau sanglant qui s'offrait devant eux ?

« – Tu cautionnes ça Shin ? dit-il d'un ton inquisiteur.
– Je ne cautionne rien mais chaque chose à son utilité, si on l'emploie au bon moment.
– Il n'y a rien de bon dans les rituels de Yog.
– Tolérance et respect... Le code de Mitra, dit Valerian.
– Et c'est aussi ce que l'on demande au sein de Middgarth.
– Valerian, la tolérance ne fait pas partie de nos valeurs. Seulement la patience.
– Alors reste patient... et vois ce que tu peux faire pour Waseme, répliqua Shin.
– Je ne peux rien faire si elle décide de rester fidèle à son dieu.
– Il faudra pourtant des soins, dit Shin.
– Je soignerai, mais je ne veux pas voir ça.
– Ca... Alastar... ça quoi ? demanda Waseme.
– Vos abominations, dit-il en grimaçant et désignant le sang.
– Si abomination déranger Alastar et clan de loup... Waseme rester à l'autel... et plus déranger. »

Waseme, Shin et les autres partirent. Valerian restait et regardait le prêtre.

« – C'est bon, tu te sens mieux ?
– Valerian, nous avons à discuter.
– Après, dit-il en lui tournant le dos et commençant à partir.
– Non, dit Alastar avec fermeté. Ton attitude est inacceptable. »

Valerian s'était arrêté et retourné.

« – Ce n'est ni le moment ni le lieu.
– Je décide de cela. En tant que prêtre et toi milicien, je suis ton supérieur. »

Valerian ferma les yeux et écouta.

« – Il faut que tu te comportes en vrai Mitran. Tu fais partie de sa milice mais ton comportement déshonore sa cause. Il faut que tu te ressaisisses et demande pardon pour tes outrages. Je t'écoute...
– Mitra, seul juge de mes actions, je vous demande pardon d'agir comme il me semble juste, comme je perçois vos paroles et la voie que vous avez tracé en ce monde. Je ne suis pas le plus sage, le plus fidèle, j'osais espérer que vous comprendriez mes actes et de votre bienveillance me pardonnerez.
– Bien, j'espère que ces paroles seront suivies d'actes. Que Mitra te pardonne. »

Leur aparté fut interrompu par Shin qui arrivait avec Triskya.

« – Hé les loups. On y va.
– Eldris a besoin d'un soigneur, rajouta Triskya. »

Toute la troupe était prête au départ. Ils retournèrent tous chez eux, Alastar se rendant à l'infirmerie de la Harde pour soigner Eldris dont l'état avait empiré durant le voyage de retour. Un organe était touché et la douleur le faisait vomir. Alastar put toutefois le soigner convenablement et, bien qu'il ne soit pas dans la meilleure des formes, lui permettre de se reposer.

Le prêtre rentra alors au village avec l'impression d'être animé par une nouvelle force après son entretien avec Valerian. Les choses allaient bien changer par Mitra...
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Re: Alastar

le Lun 15 Jan - 15:21
Chapitre VII : Via Dolorosa

 
La journée était calme.
 
La Harde de l’Ours semblait plongée dans une atmosphère inhabituelle. Un drame terrible avait secoué la communauté. Shin était venu voir Alastar avec une expression qu’il ne lui connaissait pas. Une expression qui lui donnait l’air de vouloir tuer des titans à mains nues. Elenna, la femme dont il avait béni l’enfant, avait été sauvagement agressée. L’enfant, lui, était décédé. En apprenant la nouvelle, le vieux prêtre crut perdre une partie de son âme. Il s’était alors mis en route, la douleur de la nouvelle le faisait presque divaguer sur le chemin. En arrivant, il vit Triskya, Eldris et Dranor parler à l’entrée du grand hall. Il ne comprit pas de quoi, trop absorbé par la raison de sa venue.
 
« – J’ai appris pour Elenna, j’aimerais la voir, elle a autant besoin de soins du corps que de l’esprit. »
 
Triskya acquiesça, tout en lui montrant une silhouette assise plus loin dans l’ombre d’un coin. La chevelure noire d’Elenna était reconnaissable, bien qu’elle sembla différente d’une certaine manière. Alastar s’approcha d’elle calmement, se préparant à voir son visage abîmé par les mains d’un homme devenu bête. Elle était à genoux, appuyée sur ses mains.
 
« – Elenna, pouvons-nous parler seul à seul ? dit-il d’une voix calme, ne s’approchant pas trop d’elle. »
 
Elle tourna un peu la tête et Alastar reçut un coup au cœur. Elle portait une robe en voile fin qui recouvrait son corps. Elle laissait toutefois deviner ses courbes féminines. Sa gorge était marquée par des bleus de strangulation, ses poignets gardaient des marques de liens tout comme ses chevilles. Sa pommette était marquée d’un bleu et sa lèvre inférieure d’une coupure suite à un coup violent. Sur son épaule dénudée, la marque d’une morsure humaine, le reste de ses séquelles était caché sous sa robe. Alastar avait le sentiment de voir la plus belle des roses qui aurait été piétinée par un porc. Elle accepta de le suivre en opinant et tenta de se redresser. Alastar garda sa contenance autant que faire se peut et l’aida à se relever. Ils marchèrent lentement vers sa maison et entrèrent dans sa chambre. Il y avait tant d’objets qu’Alastar ne sut d’abord où regarder. Il la déposa délicatement sur son lit où il s’appuya lui-même.
 
« – Je vous écoute prêtre, dit-elle d’une voix faible.
– C’est moi, je suis là pour vous écouter. Tout ce que vous direz restera entre nous. Je le jure par Mitra, dit-il solennellement en faisant un signe devant ses lèvres. »
 
Elenna leva les yeux vers lui.
 
« – Les dieux m’ont abandonné depuis longtemps prêtre, et le vôtre n’a pas su protéger mon bébé. Je n’ai rien à dire, conclut-elle en détournant les yeux. »
 
Le visage du prêtre s’assombrit de tristesse aux propos d’Elenna.
 
« – Mitra ne vous abandonne pas Elenna. Il prend soin de votre enfant désormais. »
 
Elenna murmura quelque chose que le prêtre ne comprit pas, il ne distingua que le nom de Set.
 
« – Set est un séducteur. Il peut vous donner un peu et tout vous reprendre ensuite. Mitra, lui, peut prendre aujourd’hui et tout vous rendre demain. Telle est la différence.

– Il m’a pris mon enfant...
– Je ne peux prétendre savoir ce que vous vivez, mais nous devons tous apprendre à marcher droit, quelles que soient les épreuves. Car personne ne peut prétendre ne jamais avoir souffert dans la vie. Regardez-moi Elenna. »

 
Elle leva les yeux vers lui, des yeux qui ne reflétaient pas la lumière de la pièce.
 
« – J’ai perdu toute ma famille étant enfant, dit Alastar qui s’éclaircit la gorge, tentant de ne pas trop se souvenir de son passé, passant sur ce qui était arrivé. J’ai erré dans la nature pendant des jours, jusqu’à ce que j’arrive au début d’un escalier. Je ne pouvais même pas lever la tête à cause de la fatigue. J’ai grimpé pourtant, sans savoir pourquoi. Les marches étaient de marbre blanc... Il pleuvait, comme aujourd’hui. J’ai grimpé pendant ce qui m’a semblé une éternité. Épuisé, je suis arrivé en haut. Je me suis allongé sur le dos et je l’ai vu, au-dessus de moi. Le visage de la statue de Mitra semblait se pencher sur moi. »
 
Elenna écoutait silencieusement, enfonçant ses ongles longs dans les fourrures.
 
« – Pendant toute ma peine à monter ces marches, il me regardait. Il veillait sur moi, m’attendant à l’arrivée. C’est ainsi qu’est la vie Elenna. Les peines que nous subissons ne sont que des étapes vers la paix de Mitra. Le repos ne vient qu’à la fin...
– Votre histoire est belle, prêtre... mais Mitra ne se penche point sur moi. Je suis fille d’un haut prêtre settite et j’ai été conçue dans un seul but : me reproduire et ainsi enfanter un avatar de Set. Mon propre père m’a séquestrée et torturée durant une année entière pour tenter de me violer. J’ai pu fuir grâce à Ashran qui m’a sauvé pour mener une vie de voleuse à louer Bel. J’y ai rencontré un homme, le premier que j’ai aimé... on me l’a arraché, tué par le biais de mon père qui ne cessait de me traquer et doit encore le faire aujourd’hui. Je suis arrivée ici... une nouvelle vie, dit-elle avec un sourire ironique. Mes amis ont été abusé et j’ai retrouvé Ashran, nous devions nous marier et je portais son enfant. On me l’a pris lui aussi. »
 
Elle serra les couvertures de rage.
 
« – Puis cet enfant, et mon agression... Les dieux m’ont abandonné prêtre, je ne peux plus croire en eux.
– Les dieux ou les hommes ?
– Les deux, dit-elle dans un souffle.
– Mitra n’abandonne personne, ce sont les gens qui abandonnent Mitra. Et il n’a certainement pas abandonné votre enfant. Seulement, un homme mauvais a cru pouvoir s’emparer de lui. Il vous faut du temps pour faire votre deuil. »
 
Elenna ne répondit pas, les larmes tombant sur ses cuisses recouvertes d’un voile bordeaux.
 
« – Peut-être en faut-il aussi pour être amenée à reconnaître que Mitra est là pour vous. Il m’a offert une nouvelle vie. Il offre sans concession à qui souhaite aller de l’avant. Je suis certain que c’est votre cas au fond, vous ne voulez regarder que l’avenir.
– Assez ! cria-t-elle au prêtre qui eut un bref mouvement de recul, surpris d’une telle colère dans un corps qui semblait à la fois si délicat et fragilisé. »
 
Sa voix, toutefois, était brisée par la douleur, plus morale que physique.
 
« – Il était là quand cet homme a plaqué sa lame contre ma gorge ?! Il était là quand il a frappé encore et encore dans mon ventre ?! »
 
Elenna se redressa pour foudroyer le vieil homme du regard. Alastar ne se souvint pas de toute sa vie avoir vu femme si furieuse, encore moins contre lui.
 
« – Il était là quand il me pénétrait alors que j’implorais les dieux ?! Non ! J’étais seule ! Mitra est comme les autres ! Il n’a rien fait quand son enfant mourait d’agonie ! Je le hais autant que les autres ! Il n’a rien fait quand il m’a laissée pour morte dans le froid ! Il aurait pu le sauver ! Il n’a rien fait !
– Il l’a sauvé Elenna, mais pas de la façon dont vous le pensiez. »
 
Elenna poussa le prêtre de toutes ses forces mais sa condition la rendait si faible qu’il ne bougea pas d’un pouce.
 
« – Calmez-vous Elenna, je ne vous veux pas de mal... »
 
Alastar l’entoura de ses bras pour la retenir de tomber. Elenna commença à suffoquer sous sa rage et ses pleurs, laissant un bruit aigu s’échapper de sa gorge. Alastar, malgré cela, la tint dans ses bras comme un père tiendrait sa fille.
 
« – Ça va aller... »
 
Elenna s’accrocha au plastron d’Alastar avant d’y poser son front, ses jambes se dérobant sous le poids de son chagrin. Il la tint fermement pour ne pas la laisser tomber. Ce contact troubla profondément le vieil homme et déchira son cœur, il n’avait, à son souvenir, jamais connu d’âme autant en peine.
 
« – Je suis là pour vous Elenna, je serai toujours là pour vous soutenir. »
 
Elenna pleurait dans ses bras, son corps tremblant encore de colère.
 
« – S’il le fallait, je donnerais ma vie pour vous sauver de vos tourments. Soyez-en assurée. »
 
Il la fit délicatement s’asseoir à nouveau sur son lit. Elenna prit place, main sur la poitrine, tentant de retrouver son calme et son souffle. Après un instant de silence et de réflexion, Alastar reprit la parole doucement.
 
« – Si vous avez besoin de changer d’air, vous pouvez venir chez moi quelque temps. Je sais que ça aide souvent.
– Ils ont besoin de moi ici.
– Je comprends, mais pensez à ce qui est le mieux pour vous aussi. Vous y avez droit. Vous êtes libre...
– Je... je dois voir Harya. »
 
Ils furent interrompus par quelqu’un qui rentrait dans la chambre. Naara apparut, accompagnée d’Ard. Elle avait une mine affreuse, les cheveux défaits et le teint un peu cendreux. Elle tenait toutefois sur ses jambes avec l’assurance d’Ard à ses côtés. Le visage de la jeune femme s’illumina en voyant le prêtre qui lui avait permis de retrouver l’usage de ses jambes et, malgré ce qu’il venait de se passer, Alastar lui sourit à son tour.
 
« – Alastar, je voulais vous voir justement, pour vous remercier.
– Vous semblez bien marcher, je m’en réjouis.
– Il avait une commande pour son temple, dit Elenna d’une voix faible, voit avec lui Naara s’il te plaît.
– Nous discuterons oui, il est évident que je n’ai pas grand-chose à lui refuser, dit-elle amusée.
– Elenna, dit Alastar en se retournant vers elle, venez quand vous voulez, pour ce que vous voudrez. Je serai là. »
 
Il inclina la tête et elle le remercia, la tête baissée. Le prêtre ne sortit pas en vainqueur ni en perdant non plus. Il avait l’habitude des revers, des déceptions, de tous les retors de la vie humaine. Bien que celui-ci le toucha plus que d’habitude. Il alla s’asseoir sur un banc jouxtant le grand hall, attendant Naara pour discuter de sa commande qui paraissait être une broutille à cet instant. Il était épuisé par les émotions et le voyage. Alastar espérait, avec les futurs travaux, qu’il aurait moins à bouger et qu’il pourrait, peut-être, un peu se reposer pour ses vieux jours déjà bien entamés. Plongé dans ses pensées de sérénité, il s’assoupit tranquillement comme une douce brise après la tempête.
 
La journée était calme.
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Re: Alastar

le Jeu 18 Jan - 15:00
Chapitre VIII : Une colonne de fumée




C'est étrange, mais Alastar ne s'attendait pas à devoir faire un rite funéraire... Pourtant, il aurait du se préparer à l'éventualité, la mort est omniprésente dans le monde normal, alors que dire des terres d'exil. Peut-être n'avait-il tout simplement pas pris le temps d'y penser, il avait l'impression de ne pas avoir un seul temps de répit depuis sa descente de la croix. En fait, en y réfléchissant bien, en avait-il eu un de toute sa vie ? Entre pérégrinations, prêches, rites, dangers de mort... Rien ne semblait avoir épargné le prêtre. Mais la mort d'un ami, ça, malgré tous les signes, il ne l'avait pas vu venir.
Valerian, l'homme en qui il avait placé beaucoup d'espoirs, n'était plus. Il lui avait laissé une lettre pour annoncer son départ, regrettant de ne pas avoir été à la hauteur et de devoir quitter la milice. Alastar espérait ainsi lui donner une raison d'aller de l'avant, de combattre pour une noble cause. Une cause folle peut-être, certainement même, mais il vaut mieux être un peu fou pour tenir bon. La petite Aomuirne au grand coeur avait réussi à le retrouver dans les terres inhospitalières de l'ouest. Ils s'étaient malheureusement faits attaqués par des loups. Aomuirne s'était réfugiée en montant un arbre pendant que Valerian, dans un dernier acte de bravoure, se battait contre la meute dans une lutte à mort. La pauvre jeune fille avait vu son ami se faire déchiqueter, Alastar craignait qu'Aomuirne ne sente la culpabilité l'envahir, il faudrait sans doute faire attention à cela à l'avenir, elle était déjà instable de par ce que Shin lui avait dit. Elle l'avait attaquée sans raison, comme si une personne maléfique contrôlait son corps. Pourtant, Alastar ne sentait rien de démoniaque en elle, au contraire, son visage d'ange et ses manières faisaient d'elle la plus douce des créatures présente sur les terres d'exil. Le prêtre songeait à cela sur le chemin, alors que lui, la plupart des Loups de Middgarth, Triskya et Elenna l'accompagnaient sur le lieu de la mort de Valerian. Le spectacle n'était pas beau à voir, il lui manquait un bras et une jambe mais, contrairement à ce qu'il pensait, il était toujours reconnaissable. Il était sur le dos, comme s'il se reposait, attendant que l'on lui rende les derniers hommages. Ils avaient bien fait de venir tout de suite. Aomuirne était bouleversée et Elenna, bien qu'étant venue jusque là, s'éloigna, craignant peut-être de mauvais souvenirs. Quelques bougies et torches furent disposées sommairement autour du corps de Valerian. Alastar, levant les bras vers le ciel, commença la cérémonie.

« – Seigneur Mitra. Je te prie en ce jour pour le repos de l'âme de Valerian. Il a combattu vaillamment pour protéger l'innocent et la justice. Il était sur ta voie Seigneur, il cherchait la Vérité. Puisse-t-il l'avoir désormais trouvé auprès de toi dans ta paix et ton amour. Veille sur lui comme il a veillé sur nous. Par Mitra. »

Alastar se baissa, fit des signes en forme de cercle avec son ankh vers le corps et salua une dernière fois son camarade.

« – Repose en paix l'ami. »

Il se retourna alors vers Shin.

« – Brûlons son corps pour que les loups ne le déterrent pas. »

Le brasier prit étonnament vite et le corps de Valerian se consuma sous les yeux de ses amis.

Ils partirent tranquillement d'un pas plus ralenti. Alastar, avant de passer derrière la colline, regarda en arrière vers la colonne de fumée noire qui s'élevait dans le ciel gris. Tout ce qu'il restait de lui s'envolait dans les airs. Le premier deuil d'une longue série craignait le prêtre...
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Re: Alastar

le Ven 19 Jan - 17:38
Chapitre IX : Sang et Eau

 
« – Ao, il faut que je te parle.
– Oui prêtre. »
 
La petite Aomuirne, comme à son habitude, arborait un visage et des manières d’ange. Alastar plaçait beaucoup d’espoirs en elle. Il n’aurait jamais pensé croiser une âme aussi pure dans les environs. Du moins, c’est ce qu’il semblait au premier abord. Shin lui avait demandé de la tenir à l’œil, elle l’avait attaqué sans raison, comme si une autre personne avait pris possession de son corps.
Il se dirigèrent tranquillement, depuis le centre du village, vers l’autel flamboyant de Mitra et s’assirent sur l’un des bancs.

« – Tu vas bien ? demanda-t-il d’un ton léger.
– Heu, oui, enfin… Je m’inquiète un peu pour nous et le village.
– Bien sûr, fit-il en hochant la tête. Tu sais, nous t’aimons tous ici.
– Moi aussi, j’aime tout le monde au village.
– C’est pour cela que j’aimerais comprendre quelque chose. Shin m’a dit que tu l’avais attaqué l’autre fois, sans raison apparente et j’ai moi-même remarqué que tu étais changeante parfois. »

La jeune fille fit une petite moue comme elle le faisait souvent quand elle était contrariée.

« – En as-tu conscience ?
– Non, c’est pas moi… c’est… Hela.
– Hela ? Qui est-ce ?
– Je sais pas si je peux… Papa va pas être content.
– Shin ? Il m’en a déjà un peu parlé, il veut que je t’aide.
– C’est vrai ? Je ne veux pas le contrarier.
– Bien sûr que non, tu peux me faire confiance et ce que tu diras restera entre nous. »

Elle hocha la tête d’un air quelque peu rassuré.

« – De  temps en temps, je n’ai pas de souvenirs. J’ai des moments que je me souviens pas. Par la suite, je rêve et je vois les choses que Hela a faites. Papa dit que Hela vit en moi. Waseme sait qui est Hela. Papa aussi, mais moi je la vois que dans mes rêves.
– Te l’as-t-elle dit ?
– Elle m’a dit que c’est un esprit.
– Un mauvais esprit alors, répliqua le prêtre.
– Oui… mais papa a fait un pacte pour qu’elle me protège. C’est grâce à Hela que je suis en vie.
– Il ne m’avait pas dit cela… Te souviens-tu des premières apparitions d’Hela ? Quand était-ce ?
– Mes pertes de mémoire ont commencé à la mort de ma maman.
– Penses-tu qu’Hela attaque encore des gens ? »

Elle hocha la tête en regardant ses pieds d’un air triste.

« – Elle a attaqué et pillé un avant-poste. Elle est méchante.
– Il vaudrait peut-être mieux se débarrasser d’elle, tu as des gens pour te protéger maintenant, et tu ne voudrais pas blesser un innocent.
– Non, je n’aime pas faire du mal. La nuit dernière, elle a pris plaisir à massacrer des hommes et des femmes dans un petit village.
– Je peux t’aider pour cela. Connais-tu Mitra ?
– Non, je ne connais pas.
– C’est le dieu que je vénère, c’est un bon dieu. Il prône la justice et la paix.
– Mais moi j’ai Crom ?
– Crom ne se soucie de personne, il ne se soucie pas de toi. Mitra, lui, veux t’aider.
– Ah oui ?
– Oui, si tu te plies à sa volonté, il pourra chasser Hela. Veux-tu te libérer d’elle ?
– Je… voudrais te dire… Hela... cache des choses.
– Des choses ?
– Oui, un petit trésor. Tu en parles pas à papa, hein ?
– Ca restera entre nous, qu’est-ce donc ?
– Des objets qu’elle pille.
– Mmh, il y en a beaucoup ?
– Des beaux objets et des ressources. Un peu pour le moment mais elle en a de plus en plus.
– Où est cette cachette ?
– Dans ma maison, je te montre ?
– Oui, montre-moi. »

Ils prirent alors la direction de la maison d’Aomuirne, attenante à celle de Shin. A la réflexion, Alastar se demandait comment la petite pouvait apporter du butin de guerre sans que cela se remarque, Hela avait certainement des compétences inhabituelles…
Ils arrivèrent dans la chambre d’Aomuirne, il ne semblait rien y avoir d’inhabituel.

« – Le coffre, à droite du feu, dit-elle en désignant la cachette. »

Alastar se pencha et vit un gros coffre qu’il ouvrit, il ne s’attendait pas à voir tant de choses. Des lingots de fer, d’acier, de belles armures, armes et boucliers en acier forgé et gravés de runes et toutes sortes d’objets de valeur.

« – Tout ça, c’est… elle, dit Aomuirne d’une voix timide dans son dos.
– Il faut que l’on se débarrasse de ce butin, il garde une influence néfaste, encore plus dans ta chambre… dit-il en commençant à récupérer ce qu’il y avait dans son coffre avec un sac.
– Alors, on va le jeter comme ça ?
– Oui, on va le jeter au feu. Rien de mieux pour les démons.
– Mais ça pourrait servir au village ?
– Il ne faut pas que le fruit de pillages sous l’emprise d’un démon serve au village, ça l’affecterait. »

Ces paroles eurent sur Aomuirne un effet sensible, elle ne semblait pas aller très bien.

« – Il faut que tu te détache d’elle complètement. Tu le veux n’est-ce pas ? »

Pour seule réponse, elle baissa la tête et se parla à elle-même en cimmérien.

« – Que dis-tu ? Ao ? »

Elle semblait ne plus écouter, il s’approcha d’elle et posa une main sur son épaule. Aomuirne releva la tête, son regard était glacial. Alastar enleva brusquement sa main et la jeune fille arbora un sourire malsain. Le prêtre sortit son ankh et décrit des cercles en direction de la fille. Il l’avait enfin révélé. Il avait compris que la chose qui l’habitait, comme tous les démons, était cupide et se montrerait s’il touchait à son butin. Alastar pouvait confronter Hela directement. C’était une habitude des exorcistes, toucher la corde sensible pour forcer le monstre à se révéler. Le prêtre voyait cela comme une première petite victoire.

« – Tu ne me fais pas peur, Hela.
– Pourtant tu devrais vieillard !
– Serais-tu plus puissante que Mitra lui-même ? J’ai affronté de nombreux démons plus puissants que toi.
– Si tu crois qu’un exorcisme peut me faire quoi que ce soit, tu te trompes.
– Rien ni personne ne résiste à Mitra.
– Je suis née de la colère et du chagrin. Je ne suis pas un démon… je suis bien plus.
– Tu es une jeune fille qui a peur.
– La peur ? Je laisse ça à Ao. La guerre, le meurtre et le pillage, c’est mon domaine.
– La violence que tu emploies est une réponse à sa peur. Dans quel but ferais-tu cela si ce n’est pas par peur ?
– Je la protège, tu préfères qu’elle meure ?
– Tout le monde meurt un jour. Nous la protégeons et c’est suffisant. Crois-tu la protéger en l’exposant aux dangers du pillage et du meurtre ? Vois-tu ce butin tâché de sang ? Ce n’est pas comme cela que tu la sauveras.
– C’est une petite fille ignare et stupide. Elle n’est pas capable de faire du mal, moi oui.
– Ao vaut toutes les richesses de ces terres.
– C’est une petite fille de merde ! L’équipement est pour moi, alors repose ça ou tu ne verras plus le jour d’ici demain.
– Je vais le déposer bien sûr, au bûcher, dit-il calmement. Libre à toi de le rejoindre.
– Tu le feras pas, car tu rompra le pacte que j’ai avec son père.
– Un pacte ?
– Oui, le pacte. Je dois la faire survivre et en échange, je fais ce qui doit être fait.
– Ca n’a aucun sens, quel avantage en tires-tu ?
– La liberté de mes actions.
– Ce n’est qu’une illusion, tu n’es pas libre. Ne souhaites-tu pas te libérer de cette fille que tu détestes ?
– Je ne peux pas, elle est de plus en plus forte, car elle est aimée. Je te propose une chose. Tu reposes ça et on va voir Shin !
– Je peux vous séparer.
– Ah oui ? Tu as un autre corps sous la main ?
– Oui, le mien.
– Celui-là est beaucoup plus jeune. De plus, je ne suis pas un esprit comme tu le crois. Elle est juste folle ! dit-elle en ricanant de façon sinistre.
– Donc, tu n’existes pas ?
– Bien sûr que j’existe ! dit-elle énervée.
– Tu viens de reconnaître que tu n’étais due qu’à son imagination.
– Comment oses-tu me juger vieillard !
– Tu n’as aucune raison d’être, retourne dans ton néant. »

Alastar commençait à la pousser dans ses retranchements, la réalisation de certaines choses pouvaient aider Aomuirne à combattre cette présence dans son esprit, qu’elle soit d’origine démoniaque ou simplement psychologique.

« – Je suis une guerrière cimmérienne ! Et toi tu n’es qu’un vieillard !
– Je suis prêtre, par la grâce de Mitra, en mission sur ces terres pour sauver les âmes. Toi, tu n’es qu’une voleuse.
– Tu crois que Mitra va te protéger ?
–  Je ne crains rien de toi. »

Aomuirne, ou plutôt Hela, sortit son couteau avec rapidité. Alastar fit un geste brusque pour essayer de la désarmer mais la rata. Elle profita de sa perte d’équilibre pour lui planter le couteau dans le ventre. Alastar fut blessé au torse, trébucha et tomba à la renverse. Il en fallut peu qu’il tomba sur un coin de chaise ou de la cheminée. Elle prit rapidement le sac et recula en pointant la dague vers Alastar qui était toujours à terre. Sonné, il s’appuya sur ses coudes pour se remettre en position accroupie et la voir à l’entrebâillement de la porte.

« – Tu n’auras jamais Ao ! Elle est à moi.
– Ao… Reviens… »

La jeune fille avait quitté la pièce brusquement, laissant le vieil homme blessé. Il avait mal mais il put se tenir debout. Il marcha, une main sur le torse, le sang chaud coulant sur ses mains. Il vit Waseme devant sa porte et se dirigea vers elle.

« – Waseme… dit-il d’un ton affaibli.
– Alastar ?!
– J’ai besoin que tu me soignes…
– Quoi passé, toi venir dans maison Waseme. »

Ils entrèrent dans la maison et Waseme le fit s’asseoir. Une très forte odeur d’épices se faisait sentir dans la maison. Elle aide le prêtre à retirer son haut. La blessure n’était heureusement pas très profonde, il semblait qu’une part d’Ao avait retenu son coup, elle n’avait certainement pas voulu le tuer de façon inconsciente. Waseme examina la plaie et décrocha son matériel médical, ouvrant un petit pot sentant fort les plantes, et appliqua doucement la patte sur la blessure du prêtre. Il lui expliqua brièvement ce qu’il s’était passé mais Waseme ne semblait pas connaître le nom d’Hela, elle ne semblait pouvoir grandement l’aider pour guérir Aomuirne. Elle déroula un bandage et commença à bander la blessure.

« – Merci Waseme, vous êtes efficace, dit-il en essayant d’esquisser un sourire. »

Elle l’aida alors à rentrer chez lui et à se coucher. La blessure n’était pas très importante mais Alastar était vieux et avait besoin de récupérer. Il essaya de ne pas trop bouger pour réveiller la douleur et s’assoupit, épuisé par les émotions.
 
Un bruit de pas qui montait les escaliers menant à sa chambre se fit entendre et le réveilla de son pénible sommeil. Il vit le visage d’Aomuirne apparaître au-dessus de lui avec l’air triste qu’il lui connaissait. Alastar était presque content de la voir ainsi, sachant que ce n’était pas Hela venue pour l’achever.

« – Ao… C’est bien toi ? demanda-t-il pour s’en assurer.
– Oui, je sais pas comment me faire pardonner. Je suis vraiment désolée. Elle… elle est méchante !
– Je te pardonne Ao, mais tu dois te libérer d’elle. »

Elle s’agenouilla alors vers le prêtre.

« – Oui, je le veux. Mais je sais pas comment je peux me libérer d’elle.
– Me fais-tu confiance ?
– Oui, je te fais totalement confiance.
– Alors fais autant confiance à Mitra qu’en moi. Prie-le tous les jours. Il t’envahira de son amour, si bien qu’il ne restera plus de place pour Hela.
– Mais je connais pas autant Mitra que toi.
– Lui te connais.
– Mais comment faire ? Tu peux m’apprendre ? dit-elle, écoutant attentivement ses paroles.
– Je t’apprendrai tout ce que tu veux. Mitra est un dieu de justice, de paix et de miséricorde. Tu as toutes les qualités pour plaire à Mitra : la douceur, l’amour, la charité. Mitra aime les cœurs purs comme le tien. »

Cette dernière parole fit sourire la jeune fille de façon charmante.

« – Il te suffit de lui parler en pensant à cet amour qu’il a pour toi et que tu lui portes. Il t’accordera de grandes grâces comme il l’a fait pour moi. Et surtout, ne perd jamais espoir ni confiance.
– D’accord, comment lui parles-tu ?
– Parle-lui comme tu parles à un ami tout en reconnaissant sa puissance. Tu peux aussi l’adorer en silence si tu ne trouves pas les mots. La contemplation est la plus belle des prières. »
 
Cette discussion fut le début d’un cheminement pour Aomuirne, elle était curieuse et jouissait d’un zèle naturel pour Mitra, elle se découvrait une grande foi pour les valeurs qu’il prônait. Elle passa beaucoup de temps en prière. Alastar, ravi de voir ses efforts si spontanés décida de la bénir, comme il l’avait fait pour Deucalion, pour l’aider à combattre cette sombre part d’elle-même. Une part qui avait blessé Alastar dans la chair mais l’avait renforcé dans l’esprit. Il la trouva au temple et l’aborda.

« – Il est beau le temple ! dit-elle enthousiasmée. »

Alastar avait en effet mené des travaux pour le rendre plus prestigieux et rendre gloire à Mitra. La patience et les efforts du prêtre étaient enfin parachevés par cette œuvre.

« – Merci, dit Alastar en souriant. Tu vas bien ?
– Oui très bien… Enfin comme je peux aller. Mais Hela continue à faire ces… choses. La nuit, elle va tuer des soldats de la capitale et ce matin, j’ai trouvé de l’acier dans mes établis.
– Hmm, as-tu prié Mitra pour t’aider ?
– Oui, très fort.
– C’est bien. Je sens que ta foi est sincère et je m’en réjouis. »

La jeune fille hocha la tête et sourit innocemment à ses propos.

« – Pour le moment, elle est en colère contre ça. Elle multiplie les attaques et me montre les horreurs qu’elle commet.
– C’est normal, cela veut dire que ça a un effet sur elle, comme le feu qui produit de la fumée quand on y jette de l’eau. Petit à petit, le feu s’éteint.
– Oui, je veux qu’elle disparaisse.
– Si tu le souhaites, je peux te bénir au nom de Mitra. Tu obtiendrais de grandes grâces ainsi. Deucalion l’a déjà fait.
– Oui prêtre, je le veux.
– Bien, pour cela, nous allons dans la rivière.
– Oui ! »

Ils s’y rendirent alors et enlevèrent leurs bottes et sandales. Ils s’arrêtèrent quand ils furent dans l’eau jusqu’à hauteur des genoux, Alastar sortit son ankh et le plongea dans l’eau en murmurant quelques invocations, il plaça le bout sur le front d’Aomuirne, qui ferma les yeux, et commença sa prière.
 
Seigneur Mitra. Je vous appelle aujourd’hui afin de bénir cette jeune fille, Aomuirne. Vous la connaissez déjà Seigneur, elle a un cœur plein de bonne volonté. Elle est douce et pure. Elle aime la paix et la justice. Elle veut aujourd’hui vous prouver qu’elle veut vous suivre. Elle reconnaît aujourd’hui votre miséricorde et votre puissance. Seigneur, bénissez-la et aidez-la à se débarrasser de ses démons.
 
Alastar décrivit des cercles avec son ankh en murmurant des prières en langue étrangère.
 
« – Par Mitra, je te bénis Aomuirne. Accomplis sa volonté et sois en paix.
– Je le jure, dit-elle solennellement en ouvrant les yeux. »
 
Alastar rangea son ankh et sourit à la jeune fille.
 
« – C’est bien. Continue sur cette voie, tu as tout ce qu’il faut pour être aimée de Mitra.
– Merci prêtre Alastar.
– Merci à toi.
– Puis-je aller prier ?
– Bien entendu, dit-il en souriant franchement.
– Au temple ? demanda-t-elle en lui rendant son sourire.
– Oui, je vais prier avec toi. »
 
Alastar et Aomuirne se rendirent donc à l’autel et commencèrent à prier pendant un long moment sans se lasser. Le prêtre put même entendre une autre personne arriver pour prier également, certainement Deucalion qui avait déposé ses armes à l’entrée. Alastar se sentait curieusement plus léger que d’habitude et sa blessure au torse, bien que n’ayant pas encore complètement cicatrisée, ne se fit plus sentir. L’esprit, semblait-il avait, une fois de plus, guéri la chair…
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